Quel trek choisir au Népal : le guide pour décider
Everest, Annapurnas, Langtang, Mardi Himal : lequel correspond vraiment à votre niveau et à votre temps.
Trois critères décident, et le premier n'est pas la difficulté mais le temps disponible. Comptez 4 à 5 jours pour Mardi Himal ou le Poon Hill, 7 à 10 pour le Langtang ou le camp de base des Annapurnas, 12 à 14 pour le camp de base de l'Everest et 15 à 18 pour le tour des Annapurnas. Le deuxième critère est l'altitude maximale : au-dessus de 4 000 mètres, l'acclimatation devient le vrai sujet, bien avant la condition physique. Le troisième est la fréquentation : Everest et Annapurnas sont très parcourus, le Langtang et Mardi Himal beaucoup moins. Budget : 25 à 40 € par jour en lodge, permis compris.
Cet article ouvre mes aventures au Népal, et complète mes conseils de montagne dans les Pyrénées.
✦Les treks, un par un :
Voici les six itinéraires les plus courants, du plus court au plus engagé, avec ce qu'ils demandent réellement.
Poon Hill
Le trek d'initiation par excellence, dans les Annapurnas. Altitude maximale 3 200 mètres, villages gurungs, lever de soleil sur le Dhaulagiri. Accessible à toute personne en forme correcte, et très fréquenté.
Mardi Himal
Plus récent, moins parcouru, et bien plus spectaculaire que Poon Hill pour une durée identique. On monte jusqu'à 4 500 mètres au camp de base, face au Machapuchare. Les journées sont plus raides.
Le Langtang
Le plus proche de Katmandou, durement touché par le séisme de 2015 et reconstruit depuis. Vallée superbe, fréquentation modérée, et un vrai sens à y aller : le tourisme fait vivre les villages reconstruits.
Le camp de base des Annapurnas
Le classique, dans un cirque de sommets à 4 130 mètres. Beaucoup d'escaliers, une progression régulière, des lodges partout. Très fréquenté en haute saison, au point de devoir réserver ses nuits.
Le camp de base de l'Everest
Le plus célèbre, et le plus exigeant en acclimatation : 5 545 mètres à Kala Patthar. La difficulté n'est pas technique mais liée à l'altitude, et le vol pour Lukla reste soumis à la météo.
Le tour des Annapurnas
Le grand tour, avec le col du Thorong La à 5 416 mètres. La route a grignoté une partie de l'itinéraire, mais la variété des paysages reste inégalée, du subtropical au haut désert tibétain.
Le critère que tout le monde sous-estime :
L'acclimatation. Au-dessus de 3 500 mètres, votre condition physique compte beaucoup moins que votre vitesse de montée. Le mal aigu des montagnes frappe indifféremment les sportifs et les sédentaires, et la seule parade est de monter lentement en dormant à des altitudes progressives.
Concrètement, ne gagnez pas plus de 400 à 500 mètres de dénivelé de couchage par jour au-dessus de 3 000 mètres, et prévoyez une journée de repos tous les 1 000 mètres. C'est pour cela que le camp de base de l'Everest demande douze à quatorze jours alors que la distance ne le justifie pas.
Enfin, gardez deux jours de marge dans votre billet retour. Les vols pour Lukla sont régulièrement annulés pour cause de météo, et il n'existe pas d'alternative rapide.
✦Les treks, un par un :
Voici les six itinéraires les plus courants, du plus court au plus engagé, avec ce qu'ils demandent réellement.
Poon Hill
Le trek d'initiation par excellence, dans les Annapurnas. Altitude maximale 3 200 mètres, villages gurungs, lever de soleil sur le Dhaulagiri. Accessible à toute personne en forme correcte, et très fréquenté.
Mardi Himal
Plus récent, moins parcouru, et bien plus spectaculaire que Poon Hill pour une durée identique. On monte jusqu'à 4 500 mètres au camp de base, face au Machapuchare. Les journées sont plus raides.
Le Langtang
Le plus proche de Katmandou, durement touché par le séisme de 2015 et reconstruit depuis. Vallée superbe, fréquentation modérée, et un vrai sens à y aller : le tourisme fait vivre les villages reconstruits.
Le camp de base des Annapurnas
Le classique, dans un cirque de sommets à 4 130 mètres. Beaucoup d'escaliers, une progression régulière, des lodges partout. Très fréquenté en haute saison, au point de devoir réserver ses nuits.
Le camp de base de l'Everest
Le plus célèbre, et le plus exigeant en acclimatation : 5 545 mètres à Kala Patthar. La difficulté n'est pas technique mais liée à l'altitude, et le vol pour Lukla reste soumis à la météo.
Le tour des Annapurnas
Le grand tour, avec le col du Thorong La à 5 416 mètres. La route a grignoté une partie de l'itinéraire, mais la variété des paysages reste inégalée, du subtropical au haut désert tibétain.
Le critère que tout le monde sous-estime :
L'acclimatation. Au-dessus de 3 500 mètres, votre condition physique compte beaucoup moins que votre vitesse de montée. Le mal aigu des montagnes frappe indifféremment les sportifs et les sédentaires, et la seule parade est de monter lentement en dormant à des altitudes progressives.
Concrètement, ne gagnez pas plus de 400 à 500 mètres de dénivelé de couchage par jour au-dessus de 3 000 mètres, et prévoyez une journée de repos tous les 1 000 mètres. C'est pour cela que le camp de base de l'Everest demande douze à quatorze jours alors que la distance ne le justifie pas.
Enfin, gardez deux jours de marge dans votre billet retour. Les vols pour Lukla sont régulièrement annulés pour cause de météo, et il n'existe pas d'alternative rapide.
✦La carte des grands treks :
Les six itinéraires de cet article, placés sur la carte. Les repères ne portent qu'un numéro, les noms sont dans la liste juste en dessous : deux points ne peuvent donc jamais se chevaucher, même en dézoomant. Cliquez sur un nom pour y recentrer la carte.
- 1KatmandouBase
Le point d'entrée de tous les treks, et l'endroit où se règlent permis et logistique.
- 2PokharaBase
La base de départ des Annapurnas, au bord du lac Phewa.
- 3Poon Hill (Ghorepani)4 à 5 j
Trek d'initiation, 4 à 5 jours, 3 200 m maximum.
- 4Camp de base du Mardi Himal4 à 5 j
4 à 5 jours, 4 500 m, face au Machapuchare. Mon préféré à durée égale.
- 5Kyanjin Gompa (Langtang)7 à 10 j
Le terminus du trek du Langtang, 7 à 10 jours, fréquentation modérée.
- 6Camp de base des Annapurnas7 à 12 j
Le cirque à 4 130 m, 7 à 12 jours. Très fréquenté en haute saison.
- 7LuklaEverest
L'aéroport de départ vers l'Everest. Vols souvent annulés pour météo.
- 8Namche BazaarEverest
L'étape d'acclimatation obligatoire, 3 440 m, sur la route de l'Everest.
- 9Kala Patthar5 545 m
Le point culminant du trek de l'Everest, 5 545 m, et sa vue sur le sommet.
- 10Col du Thorong La15 à 18 j
5 416 m, le passage clé du tour des Annapurnas, 15 à 18 jours.
- 11JomsomMustang
La descente du tour des Annapurnas, dans un paysage de haut désert tibétain.
- 12ChitwanSans trek
Le parc national de la plaine, pour ceux qui veulent conclure sans marcher.
Coordonnées à ajuster : elles placent chaque repère à quelques centaines de mètres près, ce qui suffit à cette échelle. Pour affiner un point, clic droit sur le lieu dans Google Maps, les coordonnées s'affichent en haut du menu, et remplacez-les dans le tableau en bas du fichier.
Pourquoi je ne recommande pas l'Everest en premier :
Tout le monde arrive au Népal avec le camp de base de l'Everest en tête. C'est compréhensible, c'est le nom qui fait rêver, et c'est précisément pour cela que je conseille rarement de commencer par là.
Vous marcherez quatorze jours pour arriver au pied d'une montagne que vous ne verrez presque pas, parce que le camp de base lui-même n'offre pas de vue sur le sommet. Il faut monter à Kala Patthar pour ça. Vous partagerez le sentier avec beaucoup de monde, vous paierez le double du reste du pays, et vous jouerez votre retour à la loterie des vols de Lukla.
Le Langtang, lui, se fait en une semaine, coûte moitié moins cher, se rejoint en bus depuis Katmandou sans dépendre d'un vol, et traverse des villages reconstruits après le séisme de 2015 où votre présence a un sens économique direct. J'ai appris cette leçon en montagne bien avant le Népal, dans les Pyrénées et en Éthiopie : le sommet célèbre est rarement le plus beau moment.
Faites l'Everest si c'est le rêve d'une vie, sincèrement. Mais si vous voulez d'abord savoir si l'Himalaya est fait pour vous, quatre jours sur le Mardi Himal vous le diront pour cinq fois moins cher.
À lire aussi, ailleurs qu'au Népal :
L'autre grand trek d'altitude que j'ai fait. Même logique d'acclimatation, décor radicalement différent.
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Lire l'article →✦Quand partir en trek au Népal :
La saison compte davantage ici que sur n'importe quel autre trek du monde. Non pas pour le confort, mais pour la visibilité : partir au mauvais moment, c'est marcher deux semaines dans un mur de nuages sans jamais voir un sommet. Voici le calendrier réel, mois par mois.
Le ciel est lavé par la mousson qui vient de s'achever, l'air est d'une transparence rare et les températures restent tenables jusqu'à 5 000 mètres. C'est aussi la période la plus fréquentée : réservez vos lodges sur les itinéraires classiques.
Les rhododendrons en fleur transforment les basses vallées, notamment dans les Annapurnas. La visibilité est bonne sans égaler l'automne, la brume monte plus tôt dans la journée. Partez tôt le matin.
La mousson noie les sentiers, les sangsues sont omniprésentes en dessous de 3 000 mètres, et vous ne verrez aucun sommet. Les vols intérieurs sont annulés en série. Le seul intérêt : le Mustang et le Dolpo, à l'abri des pluies.
Le piège des dates : beaucoup calent leur trek sur leurs congés plutôt que sur la météo, puis rentrent déçus. Si vous ne pouvez partir qu'en été, ne visez pas l'Everest ou les Annapurnas : allez dans le Haut Mustang, protégé de la mousson par la chaîne elle-même. Vous verrez quelque chose.
✦La sécurité en trek : ce qui compte vraiment :
Le danger au Népal n'est pas celui qu'on imagine. Ce ne sont ni les chutes de pierres ni les mauvaises rencontres, c'est l'altitude, et accessoirement l'organisation des secours. Voici la réalité, sans dramatiser ni minimiser.
Ce qui rassure :
- ✓La criminalité est très faible
Les vols avec violence sont rares sur les sentiers, et les Népalais sont d'une honnêteté remarquable. Vous pouvez marcher seul sans crainte particulière.
- ✓Les lodges sont fiables
Sur les grands itinéraires, l'hébergement est encadré et les prix affichés. Nul besoin de tente ni de réchaud sur les treks classiques.
- ✓Les femmes seules y voyagent bien
Le Népal est l'une des destinations d'Asie où les randonneuses solo se sentent le plus à l'aise, avec les réserves d'usage.
- ✓Le réseau existe
La couverture mobile atteint désormais une bonne partie des vallées, y compris à haute altitude sur l'itinéraire de l'Everest.
Ce qui demande de la vigilance :
- ✕Le mal aigu des montagnes
C'est le vrai risque, et il ne prévient pas. Il frappe les sportifs comme les autres, et peut tuer en quelques heures s'il évolue en œdème.
- ✕Les vols pour Lukla
Piste courte, météo capricieuse, annulations en série. Ne calez jamais un vol international le lendemain de votre retour prévu.
- ✕Les secours coûtent cher
Une évacuation par hélicoptère se chiffre en milliers d'euros, et certaines compagnies locales ont eu des pratiques douteuses de surfacturation.
- ✕Les routes de montagne
Statistiquement, le trajet en bus vers le départ du trek est plus dangereux que le trek lui-même. Privilégiez le vol quand il existe.
Les six règles que je ne transgresse jamais :
Au-dessus de 3 000 mètres, c'est le dénivelé de votre lieu de couchage qui compte, pas celui de votre marche. Vous pouvez monter haut dans la journée à condition de redescendre dormir plus bas.
Non négociable. C'est exactement pour cela que le camp de base de l'Everest demande douze à quatorze jours alors que la distance ne le justifierait pas.
Maux de tête persistants, nausées, essoufflement au repos, sommeil impossible : on descend. Perdre 500 mètres suffit souvent à tout régler. L'orgueil se soigne mal en altitude.
Beaucoup de contrats s'arrêtent à 3 000 ou 4 000 mètres, ce qui exclut la moitié des itinéraires népalais. Vérifiez aussi que l'évacuation par hélicoptère est incluse.
Les vols pour Lukla sont annulés régulièrement, parfois plusieurs jours d'affilée, et il n'existe aucune alternative rapide. Ne posez pas votre vol international au lendemain.
La réglementation l'impose désormais sur plusieurs itinéraires. Au-delà de l'obligation, c'est une sécurité réelle et la manière la plus directe de faire vivre les vallées.
Le signal à connaître par cœur : si vous vous réveillez essoufflé alors que vous êtes immobile, ou si un mal de tête résiste au paracétamol, ce n'est pas de la fatigue. C'est l'altitude, et la seule réponse est de descendre. Aucun trek ne vaut ce risque.
✦Où dormir en trek et à l'arrivée :
Deux logiques cohabitent au Népal : les lodges sur les sentiers, et les hébergements de vallée avant et après. Voici les fourchettes réelles, à vérifier au moment de réserver.
Une chambre sommaire, souvent non chauffée, avec des couvertures et des toilettes communes. La chambre est parfois offerte si vous dînez sur place, ce qui est la norme. Plus vous montez, plus c'est cher et rustique.
Le standard sur tous les grands treksDisponible dans les villages les plus fréquentés (Namche, Ghorepani, Chame). Le confort change vraiment, l'eau chaude reste facturée à part et coûte parfois plus cher que la chambre.
À réserver en octobre et novembreAgences, loueurs de matériel, restaurants : tout ce dont vous avez besoin avant de partir. En revanche c'est bruyant, très touristique, et l'air y est mauvais.
Pratique la veille du départMon choix. Vingt minutes de plus, un air nettement meilleur, et des maisons newares restaurées où l'on dort dans le patrimoine plutôt qu'à côté. Idéal pour le retour de trek.
Ce que je recommandeLe point de départ et d'arrivée des treks des Annapurnas. Douceur de vivre, terrasses, massages après la descente, et les sommets qui se reflètent dans l'eau au réveil.
Le meilleur endroit pour récupérerIl existe des chaînes de lodges confortables sur les itinéraires classiques, chauffage et vraie literie comprises. C'est un autre voyage, et un autre budget.
Pour ceux qui ne veulent pas du dortoirCe que personne ne dit sur les lodges : la chambre est bon marché parce que la marge se fait sur les repas et sur les extras. Eau chaude, recharge de téléphone, wifi et couverture supplémentaire sont facturés séparément, et les prix montent avec l'altitude. Prévoyez le double de ce que suggère le tarif de la nuit.
✦Que manger en trek, et où :
La carte des lodges est quasiment identique du premier au dernier village, sur tous les itinéraires. C'est déconcertant au début, rassurant ensuite. Voici ce qui vaut la peine et ce qu'il faut éviter.
Riz, lentilles, légumes et parfois un curry, resservi à volonté. C'est le carburant officiel des porteurs, et de loin le meilleur rapport calories sur prix du pays. On ne s'en lasse pas aussi vite qu'on le croit.
Resservi gratuitement, partoutRaviolis vapeur ou frits, farcis aux légumes ou au buffle. Excellents dans les vallées, plus hasardeux très haut où les ingrédients arrivent à dos d'homme. À privilégier en dessous de 3 500 mètres.
Meilleurs en basse valléeLe plat du soir quand il fait froid et que l'appétit manque, ce qui arrive souvent en altitude. Chaude, salée, facile à digérer : exactement ce dont le corps a besoin.
Idéal au-dessus de 4 000 mElle est montée à dos d'homme sur plusieurs jours, sans chaîne du froid. C'est la première cause de problèmes digestifs sur les sentiers. Au-dessus de 3 000 mètres, passez au végétarien.
Le conseil le plus utile de la pageÀ Katmandou et Pokhara, la version urbaine du dal bhat, plus variée et plus épicée. Cherchez les cantines fréquentées par les Népalais plutôt que les restaurants de Thamel.
Bien meilleur hors des zones touristiquesServi partout, chaud, et il aide réellement à l'hydratation en altitude où l'on boit trop peu. L'alcool, en revanche, est une très mauvaise idée au-dessus de 3 000 mètres.
À commander sans modérationLa règle qui évite 90 % des ennuis : végétarien au-dessus de 3 000 mètres, eau traitée systématiquement (pastilles ou filtre, plutôt que des bouteilles plastique qui s'entassent dans les vallées), et thé chaud plutôt qu'alcool. Une gastro à 4 500 mètres, c'est la fin du trek.
✦FAQ, choisir son trek au Népal :
Quel est le meilleur trek pour un débutant au Népal ?
Combien de temps faut-il pour le camp de base de l'Everest ?
Quel budget prévoir pour un trek au Népal ?
Faut-il un guide pour trekker au Népal ?
Quelle est la meilleure saison pour trekker au Népal ?
Quel trek éviter la foule ?
Moi c'est Jean-Baptiste,
Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. Je teste, compare et analyse moi-même chaque destination. J'ai grandi dans les Pyrénées et je randonne depuis toujours, ce qui aide à distinguer un vrai trek d'une marche vendue comme telle. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.
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Trek encadré, itinéraire sur mesure, acclimatation bien calée : je compose des séjours népalais adaptés à votre niveau réel, pas à celui des brochures.
Organise mon voyage avec Odyssélux✦Mon verdict :
Le bon trek n'est pas le plus célèbre, c'est celui qui tient dans votre calendrier avec une acclimatation correcte. Quatre jours bien menés sur Mardi Himal valent mieux que douze jours bâclés vers l'Everest.
Regardez d'abord votre temps, puis l'altitude maximale, puis la fréquentation. Et gardez deux jours de marge. Le reste de mes conseils est sur ma page Népal.