La deuxième ville de Croatie est née dans un palais romain : le palais de Dioclétien (IVe siècle), UNESCO, où l'on vit, mange et dort entre les colonnes antiques. Moins muséifiée que Dubrovnik, plus vivante — et la grande porte vers les îles dalmates (Hvar, Brač, Korčula). Riva animée, colline de Marjan, plages à deux pas. Idéale en mai-juin et septembre.
En Croatie, j’avais déjà visité la capitale Zagreb, l’Istrie et Rovinj, Zadar, Plitvice, Hvar et Mljet. On peut dire que je commenssait à être un spécialiste du pays quand je suis arrivé à Split. Cette ville fortifiée avec vue sur la mer, capitale de la côte dalmate, était d’une autre taille que Zadar. De par son port, de par son histoire, et sa récente participation à Game Of Thrones, la ville a eu son importance en Méditerranée. Mais contrairement à Dubrovnik, elle a su garder son âme tout en acceptant son aspect balnéaire.
En d’autres termes, c’est une ville agréable ! En plus, c’est le parfait point de départ pour découvrir les plus belles îles du pays en ferry.
Que vous arriviez par le Monténégro, la Bosnie ou la côte dalmate, c’est tout pareil il sera difficile d’entrer en ville. Dormez plutôt en hauteur, pour voir la mer et surplomber la cité. Les couchers de soleil n’en seront que meilleurs !
Il vous faudra par contre avoir de sacrées jambes pour grimper jusqu’à votre hôtel, descendre jusqu’en ville et rebelotte, plusieurs fois par jour si vous avez chaud… Je reviens à mon conseil de ne pas faire la Croatie en été si vous tenez à avoir une meilleure expérience globale…
L'empereur Dioclétien, seul de l'histoire romaine à abdiquer volontairement, fait bâtir vers 305 un immense palais fortifié au bord de l'Adriatique pour y passer ses vieux jours (et cultiver ses fameux choux). C'est l'acte de naissance de Split.
Après la chute de la cité voisine de Salone, les habitants se réfugient à l'intérieur du palais abandonné et s'installent entre ses colonnes. La ville médiévale grandit littéralement dans les ruines impériales — un cas unique au monde.
Ironie de l'histoire : le mausolée de Dioclétien — persécuteur des chrétiens — est transformé en cathédrale Saint-Domnius, l'une des plus anciennes cathédrales du monde encore en usage. Son clocher domine toujours le palais.
Split passe sous domination vénitienne pendant près de quatre siècles. La ville déborde des murs du palais, se dote de places et de palais Renaissance, et devient un port de commerce important entre Venise et les Balkans.
Sous l'Empire austro-hongrois, Split se modernise : c'est l'époque de la place de la République (les Prokurative), ce bel ensemble néo-Renaissance aux arcades rouge et ocre qui ouvre sur la mer — un décor unique en Croatie.
Classée UNESCO depuis 1979, Split n'est pas figée : on habite, on boit un café, on étend son linge entre les colonnes romaines. C'est ce qui la distingue de Dubrovnik — une vraie ville méditerranéenne, vibrante, et le grand hub des îles dalmates.
Le saviez-vous ? Le sous-sol du palais (les « substructions ») a longtemps servi de décharge avant d'être dégagé. Aujourd'hui visitables, ces immenses caves voûtées ont aussi servi de décor à Game of Thrones — c'est là que Daenerys gardait ses dragons.
Mai-juin et septembre sont parfaits : chaleur idéale, mer chaude, ferries fréquents vers les îles et foule encore raisonnable. Juillet-août : Split est très chaude et bondée, mais reste plus vivante et locale que Dubrovnik. Octobre garde une belle douceur ; l'hiver rend la Riva et le palais aux habitants — la ville la plus agréable de Croatie hors saison.
Le cœur vivant de Split : le péristyle, la cathédrale Saint-Domnius et son clocher (vue au sommet), le temple de Jupiter et les substructions voûtées. On y déambule librement entre cafés, boutiques et 1 700 ans d'histoire.
La promenade bordée de palmiers où Split vit et flâne, et juste à côté la place de la République (Prokurative), bel ensemble néo-Renaissance aux arcades ocre et rouge ouvrant sur la mer. Parfait au coucher du soleil.
Le poumon vert de Split : une presqu'île boisée de pins, sillonnée de sentiers, avec belvédères, petites églises et criques pour la baignade. La meilleure vue sur la ville et les îles, à 20 min à pied du centre.
La plage de sable urbaine de Split, où les locaux jouent au picigin — ce jeu de balle dans l'eau peu profonde, sport national officieux de la ville. Ambiance populaire et joyeuse, à deux pas de la gare.
La forteresse de Klis, perchée sur un verrou rocheux (et décor de Game of Thrones), domine la ville. Tout près, les ruines de Salone (Solin), capitale romaine de Dalmatie d'où sont partis les fondateurs de Split.
Du port de Split partent les ferries vers Brač (Zlatni Rat), Hvar, Vis (la grotte bleue) et Korčula. C'est la base idéale pour rayonner d'île en île — gardez quelques jours pour ces escapades en mer.
Le bon plan : faites le palais tôt le matin (avant les groupes), montez Marjan en fin d'après-midi pour la lumière, et finissez sur la Riva. Gardez Klis et Salone pour une demi-journée, et au moins une journée pour une île voisine — Split se vit autant pour elle-même que comme tremplin.
Dormir entre les murs romains, ruelles pavées et clocher à la fenêtre : inoubliable. Mais nuits animées (bars, valises à roulettes sur les pavés) et accès uniquement à pied. Idéal pour une nuit ou deux d'immersion.
AtmosphèreJuste à l'ouest du palais, ses ruelles de pierre en pente montent vers Marjan. Plus calme, plus authentique, à deux minutes à pied de la Riva et du centre. Mon coin préféré pour dormir à Split.
Coup de cœurPrès de la plage de sable et de la gare/ferries — pratique pour enchaîner avec les îles. Plus moderne, baignade à pied, centre à 10 min. Bon compromis si vous bougez beaucoup.
PratiqueQuartier résidentiel chic le long de la presqu'île boisée, avec criques et vue mer. Calme et vert, à 15-20 min à pied du palais. Pour ceux qui veulent souffler après l'agitation du centre.
CalmeLa petite ville-île médiévale UNESCO, près de l'aéroport, fait une base alternative ravissante et moins chère — Split à portée de bus, et un centre historique miniature à soi. Idéal en arrivée ou départ.
AuthentiqueÀ savoir : dormir dans le palais, c'est magique mais bruyant l'été (et les valises résonnent sur les pavés toute la nuit). Varoš ou Meje offrent le charme et le calme à 5-15 min à pied. Réservez tôt de juin à septembre, Split est un hub très demandé. Prix indicatifs à confirmer.
Le marché de fruits et légumes (Pazar), à l'est du palais, et la poissonnerie couverte (Peškarija), à l'ouest, sont le ventre de Split. Allez-y le matin : c'est là que les konobas s'approvisionnent, et le meilleur spot pour sentir la ville.
Comme partout en Dalmatie, la peka (sous la cloche) et le poisson du jour grillé à l'huile d'olive règnent. Cherchez les konobas de Varoš plutôt que les terrasses du palais : meilleur, moins cher, plus vrai.
Au petit port de pêcheurs de Matejuška, les locaux se retrouvent au coucher du soleil, bière et petite friture à la main. L'apéro le plus authentique de Split, gratuit et inégalable — pieds dans l'eau.
Les tables au cœur du palais facturent surtout le décor. Quelques rues plus loin (Varoš, Veli Varoš, vers le marché), on trouve les vraies konobas dalmates fréquentées par les habitants — c'est là qu'il faut dîner.
Mon conseil : faites vos courses au Pazar et à la Peškarija le matin, prenez l'apéro à Matejuška au coucher du soleil, et dînez dans une konoba de Varoš. Split est sans doute la ville où l'on mange le mieux sur la côte — à condition de quitter le péristyle. Adresses précises à compléter selon vos repérages.
J’ai eu très chaud à Split. Après près d’un mois en Croatie côté montagnes, les plages brûlantes de la côte dalmate m’ont lessivé. Mais avec le temps, je garde un souvenir agréable de cette ville très méditerranéenne, qui peut faire penser à Marseille par moments vu la taille de son port. Le palais de Dioclétien, immense est un joyau antique, et la proximité avec les îles fait de Split un centre névralgique de cette partie du pays. Mais ce que j’ai préféré, c’est ce coucher de soleil sur la ville depuis le parc Marjan. En plus on mange bien en ville !
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