Le Népal sans trekking : que faire ?
Sept sites classés, des vallées entières pleines de vie et une spiritualité incroyabel : pas besoin de randonner !
Le pays est tellement associé à la randonnée qu'on oublie l'essentiel : la vallée de Katmandou concentre sept sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, dans un rayon de vingt kilomètres. Ajoutez Bhaktapur, la mieux conservée des trois cités royales, le lac de Pokhara face aux Annapurnas, et le parc national de Chitwan, où l'on observe rhinocéros unicornes et éléphants sauvages, et vous avez un pays plein de ressources ! J'y ai atterri avec l'envie de gravir les sommets mais, limité par un genou blessé en Tasmanie, je suis passé à côté des randonnées. Pourtant, le Népal reste mon pays préféré de ma liste de 70 pays : la spiritualité qui y résite n'a pas d'équivalent sur la planète.
Cet article complète mon guide Quel trek choisir au Népal, pour ceux qui préfèrent regarder les sommets que les gravir.
✦6 choses à voir qui ne demandent pas de randonnée :
Attention, parfois le bus est une activité plus sportive (et plus longue) que la marche au Népal !
Bhaktapur
La mieux préservée des trois cités royales de la vallée, et la seule où l'on sent encore une ville médiévale vivante. Places de briques, temples newars, ateliers de potiers. Dormez-y une nuit.
Swayambhunath et Bodhnath
Le stupa perché de Swayambhunath domine Katmandou, celui de Bodhnath est l'un des plus grands du monde et le cœur de la communauté tibétaine. 2 atmosphères très différentes, mais un coup de coeur absolu.
Le parc de Chitwan
Dans la plaine du Teraï, une jungle où vivent rhinocéros unicornes, éléphants sauvages et tigres. Safaris en jeep ou en canoë. Refusez les balades à dos d'éléphant et soyez très attentif à ce qu'on vous propose.
Pokhara
Un lac, des barques, et par temps clair la muraille des Annapurnas qui se reflète dedans. C'est la ville la plus douce du pays, et le meilleur endroit pour voir l'Himalaya sans effort.
Patan et son musée
Souvent expédiée, la cité de Patan abrite le meilleur musée du pays, installé dans un ancien palais. Souvent, ce genre de ville a plus d'âme qui n'y paraît, et on y mange très bien.
Le vol panoramique
Un vol touristique le long de la chaîne himalayenne, au départ de Katmandou, permet de voir l'Everest en une heure. C'est cher et discutable écologiquement, mais c'est la seule alternative rapide.
Ce qu'il faut savoir avant de partir :
Katmandou fatigue. La pollution de l'air y est réelle, la circulation dense et le bruit constant. Soyez prévoyant et équipez vous ! Masque, médicaments... On zappe parfois la ville mais elle est tentaculaire et vraiment incroyable.
Les trajets sont longs. Les distances paraissent courtes sur une carte, mais les routes de montagne réduisent la vitesse moyenne à trente kilomètres par heure. Katmandou vers Pokhara demande six à huit heures en bus, contre trente minutes en vol intérieur.
Enfin, calez votre séjour sur la bonne saison. Octobre et novembre offrent le ciel le plus clair, ce qui compte énormément quand tout l'intérêt est de voir les sommets depuis la vallée. Pendant la mousson, vous ne verrez rien.
✦La carte du circuit sans trek :
Les étapes de ce circuit, placées sur la carte. Les repères ne portent qu'un numéro, les noms sont dans la liste juste en dessous : deux points ne peuvent donc jamais se chevaucher. Cliquez sur un nom pour recentrer la carte dessus.
- 1KatmandouÉtape 1
La capitale et sa place Durbar. Point d'arrivée et de départ du circuit.
- 2SwayambhunathKatmandou
Le stupa perché au-dessus de la ville, et la meilleure vue d'ensemble sur la vallée.
- 3BodhnathKatmandou
L'un des plus grands stupas du monde, cœur de la communauté tibétaine.
- 4Patan (Lalitpur)Étape 2
La cité des artisans et le meilleur musée du pays, dans l'ancien palais royal.
- 5BhaktapurÉtape 3
La mieux conservée des trois cités royales. C'est là que je conseille de dormir.
- 6NagarkotOption
Village de crête à 2 200 m, pour le lever de soleil sur l'Himalaya.
- 7PokharaÉtape 4
Le lac Phewa et les Annapurnas qui s'y reflètent. Trois nuits minimum.
- 8SarangkotPokhara
Le point de vue au-dessus de Pokhara, accessible en voiture. Le panorama le plus large.
- 9Chitwan (Sauraha)Étape 5
Le parc national de la plaine : rhinocéros unicornes, éléphants sauvages, safaris en canoë.
- 10LumbiniExtension
Le lieu de naissance du Bouddha, classé au patrimoine mondial. Une extension possible.
Lecture de la carte : les cinq premières étapes tiennent dans un rayon de 200 kilomètres, mais comptez en heures et non en kilomètres. Les routes de montagne plafonnent à trente kilomètres par heure de moyenne, ce qui explique l'intérêt du vol intérieur vers Pokhara.



✦Quand partir si vous ne marchez pas :
Le calendrier change complètement dès qu'on renonce au trek. Ici, la question n'est plus la neige ni les cols, mais la clarté du ciel : tout l'intérêt est de voir l'Himalaya depuis la vallée, et cela ne se joue que sur quelques mois par an.
La mousson vient de nettoyer l'atmosphère et les sommets apparaissent depuis Pokhara avec une netteté rare. C'est aussi la saison des grandes fêtes hindoues, Dashain et Tihar, qui transforment les villes.
Beaucoup moins de monde, ciel encore très correct, et des tarifs plus doux. Les nuits sont fraîches et les hébergements népalais chauffent peu, donc prévoyez des vêtements chauds même en ville.
Vous ne verrez aucun sommet, les routes de montagne sont régulièrement coupées par des glissements de terrain, et Chitwan devient difficile d'accès. Le seul argument est le prix, et il ne suffit pas.
Le paramètre que les guides oublient : la qualité de l'air à Katmandou. En hiver, l'air stagne dans la cuvette et la pollution devient franchement pénible, alors même que le ciel est dégagé plus haut. C'est un vrai argument pour dormir à Bhaktapur, en périphérie de la vallée.
✦La sécurité au Népal, hors sentiers :
Le Népal est un pays sûr pour le voyageur, et les problèmes qu'on y rencontre relèvent davantage de la logistique et de la santé que de la criminalité. Ceci dit, les dernières années montrent bien que les infrastructures ne sont pas au niveau et que les calamités n'abandonnent pas le pays (flash flood, glissement de terrain, orages...).
Ce qui rassure :
- ✓Une hospitalité réelle
Les Népalais sont accueillants, patients et remarquablement honnêtes. Les arnaques agressives, courantes ailleurs en Asie du Sud, sont ici l'exception.
- ✓Peu de criminalité violente
Les agressions contre les touristes sont rares, y compris le soir dans les villes. Le pickpocket dans la foule reste le principal risque.
- ✓Voyager seule est possible
Les voyageuses solo y circulent bien. Habillez-vous plutôt couvert dans les lieux religieux, ce qui est une question de respect autant que de tranquillité.
- ✓Une infrastructure touristique rodée
Hébergements, chauffeurs, guides : le pays vit du tourisme depuis des décennies et sait faire. Les prix sont souvent affichés.
Ce qui demande de la vigilance :
- ✕La pollution de l'air
À Katmandou, surtout de décembre à février, c'est le vrai désagrément du séjour. Un masque n'est pas ridicule si vous êtes sensible.
- ✕Les routes de montagne
Les accidents de bus sont fréquents et souvent graves. Sur Katmandou vers Pokhara, le vol intérieur coûte peu et vaut le détour par la sécurité.
- ✕L'eau et la nourriture crue
La turista est le classement numéro un des ennuis. Eau traitée, pas de crudités lavées à l'eau du robinet, pas de glaçons.
- ✕Le risque sismique
Le séisme de 2015 a fait plus de 8 000 morts. Le risque existe toujours : repérez les sorties de votre hébergement, sans en faire une obsession.
Les six réflexes à adopter :
Katmandou vers Pokhara demande six à huit heures de route de montagne, contre trente minutes de vol pour un prix modeste. C'est le meilleur arbitrage sécurité du voyage.
Pastilles ou filtre plutôt que bouteilles plastique, qui s'entassent partout. Refusez les glaçons et les crudités hors des établissements sérieux.
Hépatite A, typhoïde, encéphalite japonaise dans le Teraï selon la saison : un rendez-vous médical quelques semaines avant le départ règle la question.
À Swayambhunath comme à Pashupatinath, ils volent les affaires et mordent parfois. La rage circule : toute morsure impose une consultation immédiate.
Les distributeurs existent en ville mais les coupures de réseau sont fréquentes et les plafonds bas. Hors des villes, le liquide est souvent la seule option.
À Chitwan, elles reposent sur un dressage largement documenté comme maltraitant. Les safaris en jeep et en canoë offrent de meilleures observations.
Le point qu'on sous-estime : l'altitude concerne aussi les non-marcheurs. Nagarkot est à 2 200 mètres et une excursion mal calée à Muktinath, à 3 800 mètres, peut vous rendre franchement malade en une journée. Montez progressivement, même en voiture.



✦Où dormir dans la vallée et ailleurs :
Le choix détermine votre air, votre bruit et vos temps de trajet. Voici les options, dans l'ordre où je les recommanderais.
Des maisons newares restaurées, des places de briques sous vos fenêtres, un air nettement meilleur qu'à Katmandou et une ville qui redevient calme après 17 h, quand les cars repartent. Vingt minutes de plus pour l'aéroport.
Ce que je recommande, sans hésiterLe quartier des voyageurs : agences, restaurants, boutiques, tout à portée de main. C'est bruyant, saturé et l'air y est mauvais, mais c'est pratique pour une nuit d'arrivée ou de départ.
Pratique, pas agréableÀ vingt minutes du centre, plus calme que Katmandou, avec la plus harmonieuse des trois places Durbar et le meilleur musée du pays. Un bon compromis entre patrimoine et logistique.
Le meilleur compromisTerrasses face à l'eau, sommets au réveil par temps clair, et un rythme qui ralentit dès l'arrivée. Trois nuits ici valent mieux qu'une nuit de plus à Katmandou.
Le meilleur endroit du circuitDu lodge simple de Sauraha aux camps confortables en lisière de parc. Les safaris partent à l'aube depuis l'hébergement, donc dormir sur place n'est pas une option mais une nécessité.
Deux nuits minimumÀ 2 200 mètres, une heure et demie de Bhaktapur. Une seule raison d'y dormir : voir la chaîne himalayenne apparaître au lever du jour, d'octobre à avril. Sinon, sautez l'étape.
Uniquement par temps clairL'erreur d'itinéraire la plus commune : passer quatre nuits à Thamel parce que c'est le point d'arrivée, puis courir la vallée en excursions quotidiennes. Vous perdez deux heures par jour dans la circulation. Dormez là où vous visitez, quitte à changer d'hôtel deux fois.
✦Que manger au Népal, et où :
La cuisine népalaise emprunte à l'Inde et au Tibet, et se révèle plus variée qu'on ne le croit. Elle est très bon marché quand on sait où s'asseoir.
Riz, lentilles, légumes, pickles, souvent resservi à volonté. Chaque région a sa version, et celle des cantines locales n'a rien à voir avec celle des restaurants de Thamel. Cherchez les endroits sans carte en anglais.
Resservi gratuitement, presque partoutRaviolis vapeur ou frits, héritage tibétain, farcis au buffle ou aux légumes. À Katmandou, les meilleurs se mangent debout dans des échoppes minuscules, pas dans les restaurants à nappe.
Le meilleur en-cas du paysUn anneau de riz frit, sucré, trempé dans un thé au lait épicé. C'est le petit-déjeuner des Népalais, servi tôt dans les échoppes de rue, et il vaut largement l'omelette de l'hôtel.
À tester au moins une foisÀ Patan et Bhaktapur, un assortiment de riz battu, viandes marinées, haricots et pickles. C'est la cuisine de la vallée, la plus intéressante du pays, et elle reste ignorée des circuits.
Ma meilleure découverte culinaireLe « roi des yaourts », caillé dans des pots en terre cuite, épais et légèrement caramélisé. C'est une spécialité de Bhaktapur uniquement, et c'est une raison de plus d'y dormir.
Introuvable ailleursTièdes, standardisés, et paradoxalement plus risqués pour l'estomac que la cantine de quartier où tout est cuit à la commande. Vous paierez cinq fois le prix pour un moins bon repas.
Le mauvais réflexe classiqueLa règle sanitaire simple : mangez ce qui est cuit devant vous et servi brûlant, évitez les crudités et les glaçons, et méfiez-vous des plats qui attendent sous une cloche. Une cantine bondée où tout part vite est plus sûre qu'un restaurant vide et chic.
✦L'itinéraire et le budget :
Voici le circuit de deux semaines que je conseillerais, avec les ordres de grandeur correspondants.
| Étape ou poste | À savoir |
|---|---|
| Katmandou | 2 jours, à l'arrivée et au départ |
| Bhaktapur | 2 jours, dont une nuit sur place |
| Patan | 1 jour, musée compris |
| Pokhara | 3 jours, lac et points de vue |
| Chitwan | 2 à 3 jours, safaris compris |
| Budget quotidien | 30 à 50 € tout compris |
| Vol Katmandou vers Pokhara | 30 min, contre 6 à 8 h en bus |
| Meilleure saison | octobre et novembre, puis mars et avril |
Je suis venu pour les montagnes, je reviendrai pour les temples :
Je ne vais pas mentir, en tant que représentant des montagnes et des montagnards français (j'ai grandi dans les pyrénnées) je voulais affronter au Népal des sommets impossibles à trouver en Europe.
Mais je suis arrivé avec un genou en vrac et tout a changé. J'ai quand même réussi à gravir un 5000 mètres mais c'est très loin de ce que je voulais réussir au Népal. Plus d'infos sur mon article sur Charicot et Kuri village, l'une de mes meilleures aventures. Ou la pire ? J'ai quand même failli mourir là bas, dans un orage montrueux qui m'a pris en pleine randonnée.
La leçon vaut bien au-delà du Népal : l'ambiance compte autant que le lieux que vous cherchez. J'avais déjà fait cette erreur à Samarcande, où j'étais reparti dormir ailleurs avant de comprendre que la ville s'ouvrait le soir.
Donc si vous ne retenez qu'une chose : le Népal ce n'est pas que les montagnes. Certes un des objectif est de les apercevoir (on ne les voit presque pas de Katmandu) mais l'ambiance de la vallée est assez unique au monde. La ferveur et la spiritualité ne fait que s'accentuer malheureusement après les récents évènements politiques et économiques du pays. Et je ne parle même pas du flash flood...
À lire aussi, ailleurs qu'au Népal :
Une ville-musée qui se vide le soir, exactement comme Bhaktapur. Le même conseil s'applique.
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Lire l'article →FranceGavarnie, le plus bel endroit des PyrénéesVoir de très hautes montagnes sans les gravir : c'est possible, et j'en ai fait ma spécialité.
Lire l'article →MéthodeLes 10 règles du contre-tourismeMa grille de lecture, celle qui explique pourquoi je dors à Bhaktapur plutôt qu'à Thamel.
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✦FAQ, le Népal sans trekking :
Peut-on visiter le Népal sans faire de trek ?
Combien de temps faut-il pour un circuit sans trek ?
Quel budget prévoir au Népal sans trekking ?
Où voir l'Himalaya sans marcher ?
Que voir à Chitwan ?
Quelle est la meilleure saison pour voir les sommets depuis la vallée ?
Moi c'est Jean-Baptiste,
Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. Je teste, compare et analyse moi-même chaque destination. Au Népal, je me suis autant intéressé aux vallées et aux villes qu'aux sommets, ce qui reste rare dans les guides. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.
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Organise mon voyage avec Odyssélux✦Mon verdict :
Le Népal se réduit trop souvent à ses treks, et c'est dommage. J'ai testé pour vous après m'être blessé au genou et la vallée de Katmandou est l'un des ensembles patrimoniaux les plus denses d'Asie.
Deux semaines, un mois, l'idée est de s'imprégner de cette atmosphère spirituelle forte et de ne pas trop s'empoisonner avec la pollution atroce de cette ville polluée en hiver comme en été. Le reste est sur ma page Népal.