La « Perle de l'Adriatique » : une vieille ville de marbre ceinte de remparts du XVe siècle, classée UNESCO, célèbre depuis Game of Thrones. Le tour des murailles est l'expérience à ne pas rater. Revers de la médaille : foule et bateaux de croisière l'étouffent en été. Venez en mai ou octobre, marchez les remparts à l'ouverture, et utilisez-la comme base vers Mljet et les Élaphites.
En Croatie, j’avais déjà visité la capitale, Zagreb, l’Istrie et Rovinj, Zadar, Plitvice, Hvar et Mljet. On peut dire que je commenssait à être un spécialiste du pays quand je suis arrivé à Dubrovnik. C’est l’un des endroits à cocher en Europe et on comprend pourquoi. Ville fortifiée avec vue sur la mer, eau turquoise, partie haute qui surplombe la citadelle, murs oranges et gris, on est tout droit sortis de Game Of Thrones, et ce n’est pas pour rien que la série a beaucoup été tournée dans ses rues.
Malheureusement, le tourisme abominable qui sévit dans cette cité dénature les lieux. Magasins de chinoiseries, musées à thème, tout est fait pour faire trois sous, et on comprends bien qu’il n’y a plus grand chose d’authentique ici. Dommage, c’était si beau…
Que vous arriviez par le Monténégro, la Bosnie ou la côte dalmate, c’est tout pareil il sera difficile d’entrer en ville. Dormez plutôt en hauteur, pour voir la mer et surplomber la cité. Les couchers de soleil n’en seront que meilleurs !
Il vous faudra par contre avoir de sacrées jambes pour grimper jusqu’à votre hôtel, descendre jusqu’en ville et rebelotte, plusieurs fois par jour si vous avez chaud… Je reviens à mon conseil de ne pas faire la Croatie en été si vous tenez à avoir une meilleure expérience globale…
La ville naît sur un rocher (Ragusa / Raguse) où se réfugient des habitants fuyant les invasions. Le marécage qui la séparait du continent sera comblé pour devenir le Stradun, l'artère de marbre que l'on foule aujourd'hui.
Cité-État indépendante, rivale de Venise, Raguse bâtit sa puissance sur le commerce maritime et une diplomatie habile — payer tribut plutôt que faire la guerre. Sa flotte sillonne la Méditerranée ; sa devise, « Libertas », est gravée partout.
Raguse abolit la traite des esclaves dès 1416, parmi les premières d'Europe. La République entretient aussi l'une des plus anciennes pharmacies du continent (1317, au monastère franciscain) et un système d'aqueduc et de quarantaine en avance sur son temps.
Un séisme dévastateur rase une grande partie de la ville et tue des milliers d'habitants. Dubrovnik est reconstruite dans le style baroque homogène qu'on lui connaît — c'est cette reconstruction qui donne à la vieille ville son unité de pierre si frappante.
Napoléon abolit la République de Raguse en 1808 ; la ville passe ensuite à l'Empire austro-hongrois jusqu'en 1918. Sept siècles d'indépendance s'achèvent — mais l'esprit de « Libertas » reste l'identité profonde de Dubrovnik.
Assiégée et bombardée durant la guerre d'indépendance croate (1991-92), la vieille ville classée UNESCO est patiemment restaurée. Devenue décor de Game of Thrones, elle attire aujourd'hui une foule telle que la ville limite désormais les croisières — l'envers de la célébrité.
Le saviez-vous ? Si vous regardez bien le marbre du Stradun, il est poli et glissant : cinq siècles de pas l'ont lustré comme un miroir. Et la pharmacie du monastère franciscain, ouverte en 1317, fonctionne toujours — l'une des plus anciennes d'Europe encore en activité.
Mai, septembre et octobre sont les vrais bons mois : chaleur agréable, remparts marchables et croisières moins nombreuses. Juillet-août cumulent canicule, prix maximaux et jusqu'à plusieurs paquebots par jour — la vieille ville devient irrespirable en milieu de journée. L'hiver est doux et rend la cité aux habitants : une tout autre Dubrovnik, paisible et lumineuse.
Près de 2 km de murailles qui ceignent la vieille ville, dominant les toits de tuiles et la mer. L'expérience numéro un de Dubrovnik — à faire dès l'ouverture (8h) ou en fin de journée pour éviter la chaleur et la foule.
L'artère de marbre poli, bordée du palais du Recteur, du monastère franciscain et de sa pharmacie de 1317, des fontaines d'Onofrio et du couvent dominicain. Tout le centre historique se parcourt à pied, ruelle après ruelle.
Un téléphérique grimpe au sommet du Srđ pour le plus beau panorama sur la vieille ville, ses remparts et les îles. Spectaculaire au coucher du soleil. Le fort du sommet abrite un musée sur le siège de 1991.
À 10 min de bateau du vieux port, Lokrum est une réserve boisée avec un monastère, un petit lac salé et des rochers pour la baignade. L'échappée verte idéale quand la vieille ville sature.
Dressé sur un rocher hors les murs, ce fort offre la plus belle vue sur les remparts depuis l'extérieur — et a servi de décor à Game of Thrones (Port-Réal). Souvent inclus dans le billet des remparts.
Au nord-ouest, le petit archipel des Élaphites (Koločep, Lopud, Šipan) offre des villages sans voitures, des plages et le calme — l'antidote parfait à la foule de la vieille ville, en excursion à la journée.
Le bon plan : faites les remparts dès l'ouverture, fuyez la vieille ville en milieu de journée (vers Lokrum, le Srđ ou les Élaphites), et revenez le soir quand les paquebots sont repartis — Dubrovnik redevient alors la cité de marbre magique que les croisiéristes ne voient jamais.
Dormir dans la cité de marbre, ruelles et clochers sous les fenêtres : magique. Mais cher, bruyant en été, et tout se monte par des escaliers. Pour une nuit ou deux d'exception plutôt qu'un long séjour.
AtmosphèreÀ 15-20 min de bus de la vieille ville, Lapad aligne hôtels, plages et une promenade piétonne agréable. Plus calme, plus vert, meilleur rapport qualité-prix — mon choix pour un vrai séjour.
Coup de cœurJuste devant les portes (Pile à l'ouest, Ploče à l'est), des hôtels et villas offrent la vieille ville à pied et souvent une vue sur les remparts. Le compromis entre proximité et un peu de calme.
Vue rempartsAutour du port des ferries et du marché, Gruž est le Dubrovnik des habitants : moins joli, mais authentique, bien relié, et parfait si vous enchaînez avec Mljet ou les Élaphites. Bonnes adresses de poisson.
BudgetCharmant bourg balnéaire à ~20 km (près de l'aéroport), relié à Dubrovnik par bateau. Le calme, la baignade et des prix plus doux, tout en gardant la vieille ville à portée de traversée. Idéal en famille.
AuthentiqueÀ savoir : dormir dans les murs coûte cher et se mérite (escaliers, bruit nocturne). Lapad ou Cavtat offrent deux fois plus pour le même prix, avec plages et calme, la vieille ville à 20 min. Réservez tôt de juin à septembre. Prix indicatifs à confirmer.
À une heure au nord, les parcs à huîtres de Mali Ston produisent l'une des meilleures huîtres de Méditerranée. On les déguste sur place, ou dans les bonnes tables de la région — accompagnées d'un blanc de Pelješac.
Le crni rižot (risotto à l'encre de seiche) et la peka (viande ou poulpe sous la cloche) sont les classiques dalmates à chercher. Demandez aussi le « brodet », ragoût de poisson local, dans les konobas.
La péninsule voisine de Pelješac donne les rouges les plus réputés de Croatie : Dingač et Postup, issus du Plavac Mali sur des pentes vertigineuses. Une excursion œnologique facile depuis Dubrovnik.
Dans la vieille ville, on paie surtout le décor — et souvent mal. Montez dans les ruelles en escalier, ou mieux : dînez à Gruž (près du marché et du port) ou à Lapad, où les locaux mangent du vrai poisson à prix juste.
Mon conseil : réservez une demi-journée pour Ston (huîtres + remparts de sel) et Pelješac (vins), et pour vos dîners, désertez le Stradun au profit de Gruž ou Lapad. À Dubrovnik plus qu'ailleurs, bien manger, c'est s'éloigner du flux des croisières. Adresses précises à compléter selon vos repérages.
Sentiments partagés sur Dubrovnik, une ville comme on en multiplie en Europe et qui me fait de plus en plus dire qu’on est un continent Disneyland. C’est vraiment dommage que les lieux soient dénaturés, parce que l’ambiance est bonne (surtout au coucher du soleil) et que la cité est vraiment belle. Mais les locaux n’ont pas su protéger leur ville qui est pervertie par le tourisme de masse… Il vaut mieux filer dans les îles pour être peinard.
En tout cas si vous avez des questions ou besoin de plus d’information sur l’Europe, écrivez moi via mon agence de voyage Odyssélux ! Et n’hésitez pas à aller voir mes articles sur la Croatie ici !