L'alignement
Plusieurs rangées parallèles, perpendiculaires à la mer, sur près de deux kilomètres. Le meilleur angle se trouve depuis la plage, en fin de journée, quand les ombres des pilotis rayent le sable.
Un village médiéval bâti en cercles concentriques, 1 300 chalets sur pilotis rendus célèbres par un film culte, et des salins roses depuis l'Antiquité. Le tout à treize kilomètres de Narbonne Plage.
Un village de l'Aude bâti en circulade, c'est-à-dire en cercles concentriques autour des ruines de la tour Barberousse, avec en contrebas un port, des étangs, des salins et deux plages. Ce qui fait sa célébrité, ce sont les 1 300 chalets sur pilotis alignés face à la mer, décor du film 37°2 le matin, et sans équivalent en France. Ajoutez le salin de l'île Saint-Martin, dont les tables prennent une couleur rose à cause d'une micro-algue, et le massif de la Clape juste derrière. C'est le plus photogénique du littoral audois, et c'est aussi le plus fréquenté en août : venez en juin ou en septembre.
Cet article complète mon article sur Narbonne Plage, le Los Angeles français, à treize kilomètres. Retrouvez aussi toutes mes aventures en France.
Sur le littoral audois, la plupart des stations se ressemblent : construites dans les années 1960, fonctionnelles, sans grande âme. Gruissan fait exception, et c'est ce qui la rend intéressante.
Parce qu'il y a d'abord un vrai village, médiéval, enroulé en cercles autour des ruines de sa tour. Ensuite un port et des étangs. Puis, séparé de tout, cet alignement improbable de mille trois cents cabanes de bois montées sur pilotis face à la mer, qui n'existe nulle part ailleurs en France.
J'y viens régulièrement depuis Narbonne Plage, à treize kilomètres. Voici donc ce qui vaut vraiment le détour, à quelle heure y aller pour éviter la foule, et ce que je vous conseille de sauter.
Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. Je teste, compare et analyse moi-même chaque destination, y compris celles que j'ai sous le nez : j'ai grandi à Narbonne, et ce littoral, je le connais par cœur. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.
Sur ce blog et mes réseaux, je partage mes aventures, mes coups de cœur et tous les conseils pratiques pour t'aider à préparer ton prochain voyage sereinement.
C'est ce qui fait venir tout le monde, et pour une fois la réputation est méritée. Environ mille trois cents cabanes de bois alignées en rangées serrées, face à la mer, montées sur des pilotis de deux mètres. On dirait un village de pêcheurs monté sur échasses, et il n'existe rien d'équivalent ailleurs en France.
La raison de ces pilotis n'a d'ailleurs rien de pittoresque : ce quartier était régulièrement inondé l'hiver, avant qu'une digue ne soit construite le long de la plage. On a donc surélevé les maisons plutôt que de renoncer à les bâtir. La forme est née de la contrainte, comme souvent sur ce littoral.
Plusieurs rangées parallèles, perpendiculaires à la mer, sur près de deux kilomètres. Le meilleur angle se trouve depuis la plage, en fin de journée, quand les ombres des pilotis rayent le sable.
Chacune est peinte différemment, décorée d'objets de récupération, de bouées et de filets. Ce sont des résidences privées : regardez, photographiez de loin, mais ne montez pas sur les terrasses.
Près de deux kilomètres de sable entre le village et le massif de la Clape, surveillée l'été. C'est la plus fréquentée du secteur en août : marchez cinq minutes vers le sud et vous retrouverez de la place.
Le quartier était inondé chaque hiver par la mer et les étangs. Surélever plutôt que déplacer : c'est la solution qu'ont choisie les familles de pêcheurs, bien avant que la digue ne vienne régler le problème.
C'est ici qu'ont été tournées les premières scènes du film de Jean-Jacques Beineix, en 1986. Le lieu est devenu culte, et beaucoup de visiteurs viennent d'abord pour ça, sans toujours le savoir eux-mêmes.
Le vrai sujet en juillet-août. Les parkings du secteur se remplissent avant 11 h, et tourner ne sert à rien. Arrivez tôt le matin, ou après 17 h : c'est de toute façon le meilleur moment pour la lumière.
À midi, la lumière écrase tout et le sable renvoie une réverbération pénible. Venez plutôt une heure avant le coucher du soleil : les façades prennent des couleurs, les pilotis projettent de longues ombres, et la plage se vide. C'est aussi le moment où les habitants sortent sur leurs terrasses, ce qui donne au quartier une vie qu'il n'a pas en plein après-midi.
Un mot de respect, enfin. Ces chalets sont des résidences occupées, souvent par les mêmes familles depuis plusieurs générations. On circule dans les allées, on photographie depuis la plage ou depuis la rue, mais on ne s'installe pas sur les terrasses et on ne photographie pas les gens chez eux. Cela paraît évident, et pourtant.
Un village médiéval en cercles, un port, des étangs, des salins roses et mille trois cents cabanes sur pilotis. Gruissan tient quatre paysages dans un mouchoir de poche.Jean-Baptiste, à Gruissan
Beaucoup de visiteurs ne voient que les chalets et repartent. C'est dommage, car le vieux Gruissan se trouve à trois kilomètres de là, et c'est un tout autre lieu. Le village est construit en circulade, c'est-à-dire en cercles concentriques autour de son ancien château, dont il ne reste que la tour Barberousse. Les ruelles tournent, montent, se resserrent, et débouchent presque toutes sur le même point.
Gruissan · Aude
Les origines du site remontent à la fin du IXe siècle, quand une tour de guet y surveillait les accès maritimes de la Narbonnaise. Ce qu'il en reste domine aujourd'hui les toits ocre et offre un panorama à 360 degrés sur la mer, les lagunes et les salins. La montée est courte, gratuite, et c'est de loin le meilleur point de vue du secteur.
Montez-y en fin de journée. Vous comprendrez d'un seul regard la géographie du lieu : le village au centre, les étangs autour, la mer à l'est, le massif de la Clape au nord, et les rangées de chalets minuscules là-bas sur le cordon de sable.
On récolte du sel ici depuis l'Antiquité, et l'exploitation fonctionne toujours. Ce qui frappe d'abord, c'est la couleur rose des tables salantes, due à une micro-algue qui prolifère dans les eaux très salées. Ce n'est ni un filtre, ni une légende touristique.
Le site se visite, avec une boutique, un restaurant et des sentiers autour des bassins. On y achète la fleur de sel de Gruissan, qui est le vrai souvenir à rapporter du secteur. Là encore, venez tôt le matin ou en fin d'après-midi : à midi, la réverbération sur le sel est difficilement soutenable.
Tout tient dans un rayon de cinq kilomètres, mais les trois pôles (le village, le port et les chalets) sont bien séparés. Voici les repères, avec les distances depuis le vieux village.
Cliquez un repère de la liste : la carte s'y rend.
Le principe tient en une phrase : commencez par ce qui souffre de la chaleur, finissez par ce qui a besoin de la lumière du soir. Voici le déroulé que je referais tel quel.
Garez-vous au pied du village et laissez-vous porter par les ruelles circulaires. À cette heure, il fait frais, les volets s'ouvrent, et vous serez pratiquement seul. Comptez une heure sans forcer.
Courte, gratuite, et c'est là que tout s'éclaire : vous verrez d'un seul regard le village, les étangs, les salins, la mer et le massif de la Clape. Le meilleur investissement en temps de toute la journée.
Direction la plage des Chalets ou, si elle déborde, celle des Ayguades, plus familiale et plus calme. Prévoyez un parasol : il n'y a pratiquement aucune ombre naturelle sur ce littoral.
La réverbération devient supportable et les tables salantes prennent leur couleur. Une heure suffit pour le parcours et la boutique. Rapportez de la fleur de sel : c'est le seul vrai souvenir du coin.
C'est le moment que j'attends toute la journée. Les façades s'allument, les pilotis projettent de longues ombres, la plage se vide et les habitants sortent sur leurs terrasses. Restez jusqu'au bout de la lumière.
Mon verdict tient en trois mots : mai, juin, septembre. L'eau est baignable, la lumière est belle, les parkings respirent et les tarifs redeviennent raisonnables. Juillet et août concentrent tout : la foule, les prix et l'impossibilité de se garer avant midi. En revanche, l'automne mérite une mention spéciale pour les salins et pour les couleurs de fin de journée sur les étangs.
| Poste | Prix indicatif |
|---|---|
| Emplacement camping (2 pers.) | 20 à 45 € |
| Location semaine en août | 700 à 1 300 € |
| La même en juin ou septembre | 380 à 700 € |
| Repas au restaurant du port | 22 à 35 € |
| Visite du salin | gratuite à 8 € |
| Fleur de sel de Gruissan | 5 à 12 € |
| Location de vélo à la journée | 12 à 20 € |
| Montée à la tour Barberousse | gratuite |
| Accès aux plages | gratuit |
Trois options, dans l'ordre de mes préférences. Le vieux village pour le charme et le calme, avec quelques locations dans les ruelles. Le port pour les commerces et les restaurants, mais l'architecture des années 1970 n'a rien de séduisant. Et Narbonne Plage, à treize kilomètres, si vous cherchez plus de choix et des tarifs souvent plus doux.
Pour dormir dans un chalet sur pilotis, sachez que ce sont des résidences privées : quelques-unes se louent en saison, très tôt et à des prix élevés. Ne comptez pas y trouver quelque chose au dernier moment en juillet.
L'essentiel du village, rassemblé pour préparer votre visite d'un coup d'œil.
Gruissan, la Clape, les étangs, Narbonne : je compose des séjours de bord de mer qui évitent les semaines saturées et les adresses à touristes.
Organise mon voyage avec OdysséluxSur un littoral où presque toutes les stations se ressemblent, Gruissan est l'exception. Un village médiéval qui tourne autour de sa tour, des salins roses exploités depuis l'Antiquité, des étangs pleins de flamants, et mille trois cents cabanes sur pilotis qui n'existent nulle part ailleurs en France.
Le revers est connu : en août, tout le monde le sait, et le sable comme les parkings s'en ressentent. Alors venez en juin ou en septembre, montez à la tour en arrivant, et gardez les chalets pour la dernière heure de lumière. Pour la station voisine et sa montagne qui tombe dans la mer, tout est dans mon article sur Narbonne Plage.