Bali - Indonésie
Faut-il encore aller à Bali ?
Non. C'est d'ailleurs une destination que je ne vends plus. L'île a dépassé les sept millions de visiteurs internationaux par an, le sud est saturé et embouteillé (autant marcher qu'être en scooter) et l'approvisionnement en eau du sud est sous tension. Boycotter ne réglera rien mais aidera peut être les centaines de milliers de familles balinaises qui vivent du tourisme à se réinventer. Mais je n'y crois pas. Il va être très dur de revenir en arrière vu les investissements massifs étrangers et l'eldorado des 10 dernières années. Mais si vous voulez absolument alle à Bali, faites le avec éthique : l'est, le centre et le nord sont encore préservés. Dormez là bas et laissez le sud aux australiens. Mangez dans des warungs, restez plus longtemps au même endroit. Demandez vous toujours où va votre argent et si votre présence est plus néfaste que bénéfique pour les locaux. Spoiler alert : ils ont déjà tranché.
Cet article conclut ma série balinaise, après Bali en 2014 et aujourd'hui et Où aller sans la foule. Même question que pour Marrakech.


✦Le contre et le contre, honnêtement :
La saturation du sud
Ce n'est pas une impression : aux heures de pointe, la vitesse dans certaines zones du sud tombe au niveau de la marche, et un trajet aéroport vers Canggu peut dépasser une heure et demie. Vous avez vraiment envie de traverser la planète pour prendre les bouchons ?
L'eau et les déchets
Le sud connaît des tensions d'approvisionnement en eau, entre piscines, hôtels et le système d'irrigation traditionnel des rizières. Les décharges sont saturées. C'est le vrai enjeu, bien avant l'embouteillage. Vous voyez les vidéos sur Instagram des gens qui nettoient des rues entières? C'est ici.
La dénaturation des sites
Des lieux de culte devenus décors photographiques, des files d'attente pour poser au bon endroit, et des comportements de visiteurs qui ont poussé les autorités à faire des campagnes de rappel. Une heure de queue pour la fameuse balançoire de Bali...
Un tourisme hors sol
Le pire du pire ? Des activités proposées complètement dégueulasses, s'il y avait des éléphants, on vous proposerai de les rider sur la plage. L'argent et roi, on vous proposera tout ce que vous voulez.
Vivre à Bali
C'est là que je vais peut être avoir des haters, mais je pense que la jeunesse occidentale qui s'est installée à Bali à long terme fait partie du problème. Ils me diront que la qualité de vie (et de taxes) y est incroyable et je les croirais, j'ai moi aussi voulu emménager il y a 5 ans. Mais même si je suis çà de loin, les chiffres sur l'augmentation des prix sont ahurissants... Où irez vous ensuite quand vous aurez décidé que l'ile est flinguée ?
Votre argent est un vote
Où vous dormez, mangez et combien de temps vous restez déterminent qui vit du tourisme. C'est le seul levier réel dont dispose un voyageur, et il est efficace. C'est pour çà que je ne peux pas me permettre de vendre Bali, vu mon positionnement. Si vous y allez, l'île a parmi les plus beau hôtels du monde à des tarifs imbattables. Mais l'impact du tourisme a été néfaste sur les 10 dernières années.
Ce que je fais concrètement, et que je conseille :
Ne pas dormir dans le sud. C'est la décision unique qui a le plus d'effet : elle déplace votre budget hébergement, le plus gros poste, vers des régions qui en ont besoin, et elle vous épargne les embouteillages.
Rester plus longtemps au même endroit. Trois nuits à Sidemen plutôt qu'une nuit dans quatre villages : moins de trajets, moins d'émissions, et un vrai lien avec les gens chez qui vous logez. C'est aussi beaucoup plus agréable.
Manger dans les warungs et payer les entrées sans discuter. Deux à quatre euros le repas, et une part qui reste sur place au lieu de partir vers un groupe hôtelier. Quant aux billets des temples et des sites, ils financent l'entretien.
Et si vous le pouvez : allez ailleurs en Indonésie. L'archipel compte 17 000 îles. Java, Florès, les Célèbes ou Sumatra offrent tout ce que Bali offrait, avec une fraction des visiteurs...


✦Comment y aller utilement :
| La décision | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Ne pas dormir dans le sud | déplace le plus gros poste de dépense là où il sert |
| Rester 3 nuits minimum par étape | moins de trajets, vrai lien avec vos hôtes |
| Manger dans les warungs | 2 à 4 € le plat, et l'argent reste sur place |
| Voyager hors juillet et août | la pression sur l'eau et les routes est saisonnière |
| Payer la taxe de séjour en ligne | 150 000 IDR, et vous évitez la file à l'arrivée |
| Refuser les excursions à la journée vers Penida | dormez sur place plutôt que d'y aller en bateau bondé |
| Réserver en direct plutôt que par plateforme | la commission reste dans l'île |
| Envisager une autre île indonésienne | 17 000 îles, et le tourisme sur une seule |
✦FAQ, faut-il encore aller à Bali :
Faut-il boycotter Bali à cause du surtourisme ?
Bali est-elle gâchée ?
Quel est le vrai problème de Bali aujourd'hui ?
Que puis-je faire concrètement pour limiter mon impact ?
Vaut-il mieux aller ailleurs en Indonésie ?
Quelle est la meilleure période pour limiter la pression ?
Moi c'est Jean-Baptiste,
Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. À Bali, je joue cartes sur table : j'y ai passé plusieurs semaines en 2014, avant la vague. Tout ce qui relève du vécu date de cette époque, tout ce qui relève des chiffres et des règles a été revérifié en 2026. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.
Influencetrois métiers, un terrain
Envie de l'Indonésie autrement ?
17 000 îles, et le tourisme qui se concentre sur une seule. Java, Florès, les Célèbes : je compose des itinéraires indonésiens qui vont voir ailleurs.
Organise mon voyage avec Odyssélux✦Mon verdict :
Fuyez Bali et toutes les destinations de surtourisme. Des dizaines d'autres pays ont besoin de votre argent pour se développer et seront plus authentiques. Bien évidemment, ce n'est pas pour rien que le tourisme perdure : les hôtels sont incroyables, les balinais très accueillants (et serviables, il y a un petit côté nouveau colonialisme) rien n'est trop cher et l'île est paradisiaque. Pour les jeunes qui s'y installent, c'est un paradis fiscal, au soleil, entouré de gens comme vous : beau, jeunes et fortunés. Je comprends totalement cette envie de vivre au paradis à une époque où la France sombre dans la récession et les politiques anti jeunes. Tout ce que je dis, c'est qu'il y a des alternatives un peu moins business, certes, mais qui ont besoin de votre argent !
Dormez à l'est, restez trois nuits par étape, mangez dans les warungs et venez en février. Vous paierez deux fois moins, vous verrez une île intacte, et votre argent ira aux bonnes personnes. Tout le détail est dans mon article sur le Bali sans la foule.