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faut-il encore aller à Bali ?

Bali - Indonésie

Faut-il encore aller à Bali ?

Ma réponse en 30 secondes :

Non. C'est d'ailleurs une destination que je ne vends plus. L'île a dépassé les sept millions de visiteurs internationaux par an, le sud est saturé et embouteillé (autant marcher qu'être en scooter) et l'approvisionnement en eau du sud est sous tension. Boycotter ne réglera rien mais aidera peut être les centaines de milliers de familles balinaises qui vivent du tourisme à se réinventer. Mais je n'y crois pas. Il va être très dur de revenir en arrière vu les investissements massifs étrangers et l'eldorado des 10 dernières années. Mais si vous voulez absolument alle à Bali, faites le avec éthique : l'est, le centre et le nord sont encore préservés. Dormez là bas et laissez le sud aux australiens. Mangez dans des warungs, restez plus longtemps au même endroit. Demandez vous toujours où va votre argent et si votre présence est plus néfaste que bénéfique pour les locaux. Spoiler alert : ils ont déjà tranché.

7 M+d'arrivées internationales en 2025
5 700 km²dont une fraction concentre tout
2024l'année de la taxe de séjour
2 à 3×moins cher hors du sud

Cet article conclut ma série balinaise, après Bali en 2014 et aujourd'hui et Où aller sans la foule. Même question que pour Marrakech.

femme balinaise
À une époque j'ai pu photographier les locaux. Évitez maintenant.
mont batur
Le volcan est de plus en plus difficile d'accès au calme...

Le contre et le contre, honnêtement :

Contre

La saturation du sud

Ce n'est pas une impression : aux heures de pointe, la vitesse dans certaines zones du sud tombe au niveau de la marche, et un trajet aéroport vers Canggu peut dépasser une heure et demie. Vous avez vraiment envie de traverser la planète pour prendre les bouchons ?

Le monde à Bali est démentiel.
Contre

L'eau et les déchets

Le sud connaît des tensions d'approvisionnement en eau, entre piscines, hôtels et le système d'irrigation traditionnel des rizières. Les décharges sont saturées. C'est le vrai enjeu, bien avant l'embouteillage. Vous voyez les vidéos sur Instagram des gens qui nettoient des rues entières? C'est ici.

Le sujet le plus sérieux, et le moins traité.
Contre

La dénaturation des sites

Des lieux de culte devenus décors photographiques, des files d'attente pour poser au bon endroit, et des comportements de visiteurs qui ont poussé les autorités à faire des campagnes de rappel. Une heure de queue pour la fameuse balançoire de Bali...

Ce n'est pas qu'une question d'esthétique.
Contre

Un tourisme hors sol

Le pire du pire ? Des activités proposées complètement dégueulasses, s'il y avait des éléphants, on vous proposerai de les rider sur la plage. L'argent et roi, on vous proposera tout ce que vous voulez.

J'exagère à peine, çà dépend surtout de votre propension à être un "bon" touriste.
Contre

Vivre à Bali

C'est là que je vais peut être avoir des haters, mais je pense que la jeunesse occidentale qui s'est installée à Bali à long terme fait partie du problème. Ils me diront que la qualité de vie (et de taxes) y est incroyable et je les croirais, j'ai moi aussi voulu emménager il y a 5 ans. Mais même si je suis çà de loin, les chiffres sur l'augmentation des prix sont ahurissants... Où irez vous ensuite quand vous aurez décidé que l'ile est flinguée ?

Le fait qui change tout le raisonnement.
Pour

Votre argent est un vote

Où vous dormez, mangez et combien de temps vous restez déterminent qui vit du tourisme. C'est le seul levier réel dont dispose un voyageur, et il est efficace. C'est pour çà que je ne peux pas me permettre de vendre Bali, vu mon positionnement. Si vous y allez, l'île a parmi les plus beau hôtels du monde à des tarifs imbattables. Mais l'impact du tourisme a été néfaste sur les 10 dernières années.

Ce qui emporte ma décision.

Ce que je fais concrètement, et que je conseille :

Ne pas dormir dans le sud. C'est la décision unique qui a le plus d'effet : elle déplace votre budget hébergement, le plus gros poste, vers des régions qui en ont besoin, et elle vous épargne les embouteillages.

Rester plus longtemps au même endroit. Trois nuits à Sidemen plutôt qu'une nuit dans quatre villages : moins de trajets, moins d'émissions, et un vrai lien avec les gens chez qui vous logez. C'est aussi beaucoup plus agréable.

Manger dans les warungs et payer les entrées sans discuter. Deux à quatre euros le repas, et une part qui reste sur place au lieu de partir vers un groupe hôtelier. Quant aux billets des temples et des sites, ils financent l'entretien.

Et si vous le pouvez : allez ailleurs en Indonésie. L'archipel compte 17 000 îles. Java, Florès, les Célèbes ou Sumatra offrent tout ce que Bali offrait, avec une fraction des visiteurs...

Le test que j'applique à toutes les destinations sous pression : est-ce que ma présence, telle que je l'organise, rend l'endroit meilleur ou pire pour ceux qui y vivent ? À Canggu en juillet, la réponse est clairement pire. À Sidemen en février, elle est plutôt meilleure. C'est la même question que je me posais pour Marrakech, et elle donne des réponses très concrètes.
aventure Bali
Nusa Penida à l'époque où il n'y avait pas de route.
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Nusa Penida à l'époque où il n'y avait pas de route.

Comment y aller utilement :

Par ordre d'impact décroissant sur l'économie locale et sur votre séjour
La décisionPourquoi elle compte
Ne pas dormir dans le suddéplace le plus gros poste de dépense là où il sert
Rester 3 nuits minimum par étapemoins de trajets, vrai lien avec vos hôtes
Manger dans les warungs2 à 4 € le plat, et l'argent reste sur place
Voyager hors juillet et aoûtla pression sur l'eau et les routes est saisonnière
Payer la taxe de séjour en ligne150 000 IDR, et vous évitez la file à l'arrivée
Refuser les excursions à la journée vers Penidadormez sur place plutôt que d'y aller en bateau bondé
Réserver en direct plutôt que par plateformela commission reste dans l'île
Envisager une autre île indonésienne17 000 îles, et le tourisme sur une seule
Sur la saison : juillet et août concentrent la fréquentation et coïncident avec la saison sèche, quand la ressource en eau est la plus tendue. Venir en février ou en mars, hors vacances scolaires occidentales, réduit votre impact et divise vos prix. C'est la décision la plus simple de toute cette liste.
Diamond Bay
Légende de la photo.

FAQ, faut-il encore aller à Bali :

Faut-il boycotter Bali à cause du surtourisme ?
Non, et c'est même contre-productif. Des centaines de milliers de familles balinaises vivent du tourisme, y compris dans des régions sans autre ressource. Un boycott pénaliserait les warungs et les guides, pas les promoteurs. Le levier utile est de déplacer où l'on dort et où l'on mange.
Bali est-elle gâchée ?
Le sud, en grande partie oui : Canggu, Seminyak et Kuta ont perdu ce qui faisait leur intérêt. Mais l'île fait 5 700 kilomètres carrés et le tourisme se concentre sur une bande de vingt kilomètres. L'est, le nord et les montagnes restent remarquables.
Quel est le vrai problème de Bali aujourd'hui ?
L'eau, avant même la foule. Le sud connaît des tensions d'approvisionnement entre les piscines de villas, les hôtels et le système d'irrigation traditionnel des rizières. Les décharges saturées viennent juste après. Les embouteillages sont le symptôme le plus visible, pas le plus grave.
Que puis-je faire concrètement pour limiter mon impact ?
Ne pas dormir dans le sud, rester au moins trois nuits par étape, manger dans les warungs, éviter juillet et août, réserver en direct et payer les entrées des sites sans discuter. Ces décisions sont aussi celles qui rendent le séjour meilleur et moins cher.
Vaut-il mieux aller ailleurs en Indonésie ?
Si vous en avez la possibilité, oui. L'archipel compte 17 000 îles et le tourisme international se concentre massivement sur une seule. Java, Florès, les Célèbes ou Sumatra offrent des paysages et une culture comparables avec une fraction des visiteurs.
Quelle est la meilleure période pour limiter la pression ?
Février et mars, hors vacances scolaires occidentales. Vous évitez le pic de fréquentation de juillet et août, qui coïncide avec la période où la ressource en eau est la plus tendue, et vous payez nettement moins cher.

Moi c'est Jean-Baptiste,

Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. À Bali, je joue cartes sur table : j'y ai passé plusieurs semaines en 2014, avant la vague. Tout ce qui relève du vécu date de cette époque, tout ce qui relève des chiffres et des règles a été revérifié en 2026. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.

70+pays explorés
10ans d'expérience
Blog · Agence
Influence
trois métiers, un terrain

Envie de l'Indonésie autrement ?

17 000 îles, et le tourisme qui se concentre sur une seule. Java, Florès, les Célèbes : je compose des itinéraires indonésiens qui vont voir ailleurs.

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Mon verdict :

Fuyez Bali et toutes les destinations de surtourisme. Des dizaines d'autres pays ont besoin de votre argent pour se développer et seront plus authentiques. Bien évidemment, ce n'est pas pour rien que le tourisme perdure : les hôtels sont incroyables, les balinais très accueillants (et serviables, il y a un petit côté nouveau colonialisme) rien n'est trop cher et l'île est paradisiaque. Pour les jeunes qui s'y installent, c'est un paradis fiscal, au soleil, entouré de gens comme vous : beau, jeunes et fortunés. Je comprends totalement cette envie de vivre au paradis à une époque où la France sombre dans la récession et les politiques anti jeunes. Tout ce que je dis, c'est qu'il y a des alternatives un peu moins business, certes, mais qui ont besoin de votre argent !

Dormez à l'est, restez trois nuits par étape, mangez dans les warungs et venez en février. Vous paierez deux fois moins, vous verrez une île intacte, et votre argent ira aux bonnes personnes. Tout le détail est dans mon article sur le Bali sans la foule.

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