Surtourisme écologie et enfer local
Bali avant et aujourd'hui : ce qui a changé
Je dois être honnête d'entrée : mon Bali date de 2014, et ce n'est plus le même endroit. À l'époque, Canggu était un village de rizières où quelques surfeurs logeaient chez l'habitant, et Uluwatu se résumait à une falaise et un temple. Aujourd'hui, l'île a dépassé les sept millions de visiteurs internationaux par an, les rizières irriguées du sud sont devenues des villas, un trajet aéroport vers Canggu peut prendre plus d'une heure et demie, et le sud connaît des pénuries d'eau. Une taxe de séjour a été instaurée en 2024, un métro est en construction depuis 2026. Faut-il encore y aller ? Oui, mais pas là où tout le monde va, et c'est tout l'objet de cet article.
Cet article ouvre mes aventures en Indonésie. Il prolonge la même question que je posais pour Marrakech.


✦Ce qui a changé, point par point :
Six transformations, de la plus visible à la plus grave. La cinquième est celle dont on parle le moins et qui décidera de l'avenir de l'île.
Canggu
En 2014, c'était des rizières, quelques warungs et des surfeurs logés chez l'habitant. C'est devenu le quartier général mondial du travail à distance, avec cafés à façade végétale, salles de sport et villas là où l'eau d'irrigation passait.
Uluwatu
Un temple sur une falaise et quelques spots de surf connus des seuls initiés. Aujourd'hui, des complexes en surplomb, une pression immobilière énorme, et des projets de réaménagement du front de mer qui divisent jusqu'aux Balinais.
La circulation
C'est le premier choc pour qui revient. Aux heures de pointe, la vitesse moyenne dans certaines zones du sud descend au niveau de la marche, et les journées se planifient autour des embouteillages plutôt que des sites.
Les sites emblématiques
Tegallalang, Tirta Empul, la porte de Lempuyang : ce qui était en 2014 une découverte est devenu un parcours photographique avec file d'attente et parfois un tarif pour poser au bon endroit.
L'eau
C'est le sujet qui décidera de tout, et celui dont on parle le moins. Le sud connaît des tensions sur l'approvisionnement, entre piscines de villas, hôtels et le système d'irrigation traditionnel des rizières.
L'intérieur et l'est
Voilà la bonne nouvelle. Sidemen, Munduk, Amed, le nord de l'île : ces régions ressemblent encore beaucoup à ce que j'ai connu, et elles sont à une heure ou deux du chaos du sud.
Ce que je ne regrette pas :
La nostalgie est un mauvais guide, alors soyons justes. Certaines choses se sont nettement améliorées. Les routes de l'intérieur sont bien meilleures, ce qui rend l'est et le nord réellement accessibles là où il fallait des heures de piste.
L'offre d'hébergement s'est diversifiée à tous les prix, et de nombreuses familles balinaises vivent aujourd'hui du tourisme dans des régions qui n'avaient rien. Le tourisme n'est pas un mal en soi, c'est sa concentration sur vingt kilomètres carrés qui pose problème.
Enfin, l'île a commencé à réagir : taxe de séjour depuis 2024, campagnes sur le comportement des visiteurs, projets d'infrastructure. C'est tardif et insuffisant, mais ce n'est plus le déni.



✦Ce qui a changé côté pratique :
Les points concrets qui n'existaient pas ou pas ainsi lors de mon séjour, tous revérifiés pour 2026.
| Ce qui a changé | Où ça en est |
|---|---|
| Taxe de séjour | 150 000 IDR par visiteur, depuis février 2024 |
| Paiement de la taxe | en ligne avant le départ, ou aux bornes à l'arrivée |
| Fréquentation | plus de 7 millions d'arrivées internationales en 2025 |
| Transports | métro en construction depuis avril 2026, livraison visée 2028 |
| Circulation | aéroport vers Canggu, plus de 90 min aux heures de pointe |
| Eau | tensions sur l'approvisionnement dans le sud de l'île |
| Déchets | décharges saturées, un sujet public depuis plusieurs années |
| Volcan Agung | éruptions de 2017 à 2019, calme depuis, surveillance permanente |
✦FAQ, Bali avant et maintenant :
Bali est-elle vraiment trop touristique aujourd'hui ?
Qu'est-ce qui a le plus changé à Bali depuis dix ans ?
Y a-t-il une taxe touristique à Bali ?
Le volcan Agung présente-t-il un risque ?
Combien de temps faut-il pour aller de l'aéroport à Canggu ?
Faut-il renoncer à Bali ?
Moi c'est Jean-Baptiste,
Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. À Bali, je joue cartes sur table : j'y ai passé plusieurs semaines en 2014, avant la vague. Tout ce qui relève du vécu date de cette époque, tout ce qui relève des chiffres et des règles a été revérifié en 2026. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.
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Java, Florès, les Célèbes, Sumatra : l'archipel compte 17 000 îles et le tourisme se concentre sur une seule. Je compose des itinéraires indonésiens qui vont voir ailleurs.
Organise mon voyage avec Odyssélux✦Mon verdict :
Je ne vais pas faire semblant : le Bali que j'ai connu en 2014 n'existe plus dans le sud. Les rizières de Canggu sont des villas, la route est un embouteillage, et l'eau manque là où elle irriguait des siècles de terrasses.
Mais l'île fait 5 700 kilomètres carrés et le tourisme se concentre sur une fraction minuscule. À une heure de route, Sidemen, Munduk et Amed sont restés eux-mêmes. C'est là qu'il faut aller, et c'est l'objet de mon article sur le Bali sans la foule.