J’avais 25 ans, un diplôme tout neuf et 1 000 € en poche. Je n’étais ni maigre ni gros, ni riche ni pauvre, mais j’étais un peu perdu. Sur un coup de tête j’ai pris un billet pour l’Australie, d’une semaine à l’autre. J’ai dit au revoir à ma copine, à mes parents, mes amis qui n’ont pas voulu me suivre et j’en ai rejoint d’autres qui étaient déjà parti. L’Australie, c’était la vie de rêve, mais aussi la promesse d’une ruée vers l’or des temps modernes. On était en 2017, Instragram existait à peine et on faisait encore les choses par pur plaisir d’aventure. En une semaine à Sydney, j’avais un boulot, 6 coloc, tous mes papiers et je gagnais trois fois le SMIC français. Huit mois plus tard, après une dizaine de petits jobs, je repartais avec de quoi faire le tour du monde. C’était la meilleure année de ma vie. Le retour, en revanche, a été beaucoup plus dur.
Pourquoi je suis parti en PVT en Australie :
Je venais de finir mes études et je n’avais aucune envie d’enchaîner directement sur un CDI. Après deux diplômes et des errements dans le système éducatif français (médecine, une école de commerce, un M2 en droit et un M2 en gestion quand même) mes premières expériences au travail m’avaient laissé un goût amer. Je choisissait donc comme bien d’autres avant moi la fuite en avant.
Je ne savais pas trop ce que je faisais mais seulement que je voulais partir. Des amis de Narbonne étaient déjà à Sydney, ma copine restait en France, et j’avais un plan très simple : gagner assez d’argent là-bas pour faire ensuite le tour du monde.
Le vol, lui, était direct depuis Paris à l’époque. J’avais regardé l’entièreté de la première saison de This is us en pleurant comme une madeleine. Je suis un homme, mais j’ai des fêlures.
Ma première semaine à Sydney :
J’ai atterri avec 1 000 € sur mon compte. À l’époque déjà, en Australie, tu ne pouvais pas tenir un mois avec cet argent. Bien aidé par les locaux, sept jours plus tard j’avais un travail, une chambre, un nouveau compte en banque, numéro de téléphone, numéro fiscal et tous mes papiers en règle. C’est le souvenir le plus fou de ce voyage : en Australie, à l’époque, tout semblait possible, et tout allait si vite !
Si vous partez, voici dans quel ordre je ferais les choses la première semaine :
Une carte SIM australienne
Sans numéro local, aucun employeur ne vous rappelle. On en trouve dans n’importe quelle supérette.Le compte bancaire
Votre salaire y sera versé chaque semaine. Il s’ouvre en agence avec votre passeport, et on peut même lancer la démarche depuis la France.Le Tax File Number (TFN)
C’est votre numéro fiscal, gratuit, qui se demande en ligne. Sans lui, votre employeur prélève beaucoup plus d’impôts sur votre paie.La RSA ou la White Card
La RSA est une petite formation obligatoire pour servir de l’alcool dans les bars. La White Card est son équivalent pour travailler sur les chantiers. Les deux se passent en une journée.La superannuation
C’est une cotisation retraite que votre employeur verse sur un compte à votre nom. Gardez bien la trace de ce compte : vous pourrez en récupérer une partie après votre départ.Tous les petits boulots que j’ai faits :
Le monde du travail anglo-saxon m’a sidéré : on trouvait du boulot partout, et on gagnait beaucoup d’argent. En huit mois, j’ai enchaîné les métiers.
Démolir des maisons pour une entreprise grecque
Oui, détruire des maisons, à la masse. Porter des choses lourdes, mettre des poutres en place. Et rencontrer tous les corps de métier. Le kiff absolu et la meilleure façon de commencer.Vendre des forfaits téléphone en porte-à-porte
Sonner chez des inconnus pour leur vendre un abonnement, çà vous fait vite bosser l’anglais et la confiance en vous !Les bars et les restaurants
Le grand classique du PVT et le seul métier que je connaissais. Mais le plus facile à obtenir, surtout le soir en plus de vos boulots de journée.Mannequin
C’était une autre époque mais l’Australie était en avance et faisait bosser les influenceurs en fonction de leur visibilité. Il était facile de faire des contrats pour mettre en avant des marques et faire des sous.Jardinier
Entretenir des jardins, après la démolition.Van Cleef & Arpels
Et puis grâce à la french connection, j’ai obtenu un poste chez le célèbre joaillier. En un mois et demi, j’ai gagné 8 000 dollars australiens. Là, je pouvais enfin partir faire mon tour du monde ! Et en plus j’ai beaucoup appris sur la clientèle « luxe » à ce moment là.Je n’ai jamais galéré. Je suis arrivé avec 1000€ et je suis reparti avec plus de 10 000, tout en aillant beaucoup profité.
Salarié ou indépendant : quel statut choisir en PVT ?
En arrivant, on vous pose vite la question : vous travaillez avec un Tax File Number, comme salarié, ou avec un ABN, comme indépendant ? Ce sont les deux statuts possibles en PVT, et ils ne rapportent pas la même chose.
Avec un TFN (Tax File Number)
Votre employeur prélève l’impôt directement sur votre paie, en général 15 % pour les PVTistes jusqu’à 45 000 dollars de revenus. Il verse en plus votre superannuation, la cotisation retraite dont vous récupérerez une partie en partant. C’est simple, il n’y a presque rien à gérer.Avec un ABN (Australian Business Number)
Vous facturez vous-même, souvent à un taux horaire plus élevé, et personne ne prélève rien. Sur le moment, la paie paraît bien plus grosse. Mais vous ne touchez pas de superannuation, et vous payez vos impôts vous-même en fin d’année : mettez de l’argent de côté.Sur la fiche de paie, l’ABN gagne souvent. Sur l’année, l’écart se réduit une fois les impôts réglés et sans la retraite. Pour un premier PVT, le statut de salarié reste le plus tranquille.
La coloc de Surry Hills :
J’habitais à Surry Hills, un quartier de Sydney plein de cafés et de vieilles maisons victoriennes, avec huit colocataires : deux Français, deux Suédoises, deux Brésiliennes et deux Australiennes. Quatre nationalités sous le même toit. Les loyers étaient extrêmement chers à Sydney, à cause du dumping chinois. On mangeait tous ensemble dans une petite cuisine et on partageait deux douches seulement. C’était le paradis de la jeunesse !
Où je suis allé pendant mon PVT ?
Dès que j’avais quelques jours, je filais. Les parcs autour de Sydney d’abord, comme le Royal National Park et ses piscines naturelles de Figure Eight Pools. Puis plus loin : la Tasmanie et la randonnée de Cradle Mountain, les Grampians, la Great Ocean Road et ses Douze Apôtres, Kangaroo Island.
Comment l’Australie a lancé mon compte Instagram :
Au début, Instagram ne devait servir qu’à une chose : arrêter de raconter tous les soirs les mêmes histoires à ma grand-mère, à ma mère et à ma copine. Je postais mes photos, et tout le monde avait des nouvelles en même temps.
Et puis ça a pris. Des inconnus ont commencé à suivre mes escapades, mes plages et mes petits boulots, et c’est comme ça qu’est née « l’aventure australienne ».
Pour grossir, j’ai fait énormément de follow for follow : on suit des comptes pour qu’ils vous suivent en retour. Je le faisais aux toilettes, plutôt que de perdre mon temps à autre chose. Et ça a marché : jusqu’à 80 000 abonnés à l’époque. C’est là que tout a commencé, l’influence, puis ce blog, puis Odyssélux. Vous pouvez toujours me suivre sur Instagram.






Le retour, la partie dont on ne parle jamais :
Pendant huit mois, j’ai eu une seule vraie crainte : je ne savais pas ce que j’allais faire en rentrant. Et elle était fondée. Le retour s’est très mal passé, parce que rien ne m’attendait en France.
On raconte toujours le départ, les plages et les jobs improbables. Beaucoup moins le moment où l’on rentre, sans travail, avec l’impression d’avoir vécu une autre vie. Mais est ce que çà doit vous empêcher de partir ? Certainement pas, on n’a qu’une vie et il faut en profiter.
Le PVT Australie aujourd’hui, ce qui a changé :
Mon PVT date de 2017. Depuis, le visa a beaucoup augmenté : avec 1 000 € en poche, je ne pourrais plus partir comme je l’ai fait.
Pour rester une deuxième ou une troisième année, il faut avoir travaillé plusieurs mois dans certains secteurs, en général à la ferme ou dans les régions rurales. Je ne l’ai pas fait, puisque je suis parti au bout de huit mois. Comptez aussi une assurance santé pour toute la durée du séjour, obligatoire, et six mois maximum chez un même employeur.
Vérifiez les chiffres sur le site officiel de l’immigration australienne au moment de votre demande : ils bougent presque chaque année.
Pour aller plus loin en Australie :Vos questions sur le PVT Australie :
Comment trouver du travail rapidement en PVT en Australie ?
Dans mon cas, il m’a fallu une semaine pour avoir un job, une chambre et tous mes papiers. Ayez d’abord un numéro local, un compte bancaire et votre numéro fiscal (TFN), puis postulez partout : bars, restaurants, chantiers, jardins, vente. Le marché du travail anglo-saxon va très vite, et les petits boulots ne manquent pas dans les grandes villes comme Sydney.Combien d’argent faut-il pour partir en PVT en Australie ?
Il faut aujourd’hui pouvoir justifier d’environ 5 000 dollars australiens d’économies, plus le prix d’un billet retour, et payer le visa, qui coûte 840 dollars australiens depuis juillet 2026. Pour ma part, je suis parti en 2017 avec 1 000 € en poche, mais ce ne serait plus possible aujourd’hui. Prévoyez aussi l’assurance santé, obligatoire pendant tout le séjour.Quel est l’âge limite pour faire un PVT en Australie ?
Pour un Français, le PVT Australie est ouvert de 18 à 35 ans : vous pouvez déposer votre demande jusqu’à la veille de vos 36 ans. C’est la date de la demande qui compte, pas celle du départ. Une fois le visa obtenu, vous avez un an pour entrer en Australie, puis douze mois sur place.Combien gagne-t-on en PVT en Australie ?
Ça dépend énormément du job. Dans mon souvenir, même les petits boulots payaient bien, et on était payé chaque semaine. Mon meilleur poste a été chez le joaillier Van Cleef & Arpels : 8 000 dollars australiens en un mois et demi, de quoi financer ensuite mon tour du monde. En huit mois de petits boulots, je n’ai jamais manqué d’argent.Quelles démarches faire en arrivant en Australie avec un PVT ?
La première semaine, prenez une carte SIM australienne, ouvrez un compte bancaire et demandez votre Tax File Number en ligne, gratuitement. Selon votre job, passez la RSA pour servir de l’alcool ou la White Card pour les chantiers. Enfin, gardez la trace de votre compte de superannuation : vous en récupérerez une partie en quittant le pays.Où vivre à Sydney pendant un PVT ?
J’ai vécu en colocation à Surry Hills, un quartier vivant du centre de Sydney, avec huit colocataires français, suédois, brésiliens et australiens. La colocation reste la solution la moins chère et la plus simple pour rencontrer du monde. En plus, c’est souvent par les colocs qu’on trouve ses premiers petits boulots.Comment se passe le retour après un PVT en Australie ?
Pour moi, mal : rien ne m’attendait en rentrant, et le choc a été rude après la meilleure année de ma vie. C’était d’ailleurs ma seule crainte pendant tout le séjour. Mon conseil : préparez votre retour avant de partir, un projet, un job ou une formation, pour que la fin du voyage ne soit pas un vide.Faut-il travailler avec un TFN ou un ABN en PVT en Australie ?
Les deux sont possibles. Avec un TFN, vous êtes salarié : l’impôt est prélevé sur votre paie, en général 15 % jusqu’à 45 000 dollars, et votre employeur verse la superannuation. Avec un ABN, vous êtes indépendant : la paie paraît plus grosse, mais sans retraite et avec des impôts à régler vous-même en fin d’année. Pour un premier PVT, le statut de salarié reste le plus simple.Mon verdict :
Partez. Huit mois de liberté, de soleil et de kiff, des rencontres du monde entier et l’argent pour faire le tour de la planète : je ne regrette rien. Seul conseil, préparez votre retour avant de partir, pas en rentrant. Et si vous passez par la Tasmanie, mon road trip vous attend.
Envie d’Australie sans gérer la logistique ? Pour un voyage plus court qu’un PVT, je vous aide à construire un itinéraire sur les routes que j’ai faites, de Sydney à la Tasmanie.
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