Bali - Indonésie
Bali sans la foule, c'est possible ?
Le chiffre qui change tout : Bali fait 5 700 kilomètres carrés, et l'écrasante majorité des visiteurs se concentre sur une bande de vingt kilomètres au sud, entre Kuta, Seminyak, Canggu et Uluwatu. Tout le reste de l'île respire. Sidemen et ses terrasses de riz à l'est, Munduk et ses plantations de café en altitude (j'ai adoré Munduk), Amed et ses plages de sable noir pour la plongée, la côte nord vers Lovina, la péninsule sauvage de Nusa Penida hors saison, et l'ouest presque désert. Tout cela se trouve à une à trois heures du chaos, coûte deux à trois fois moins cher, et ressemble encore au Bali que j'ai connu en 2014.
Cet article est la suite logique de Bali en 2014 et aujourd'hui, et fait partie de mes aventures en Indonésie.
✦Quand partir pour éviter la foule :
Deux calendriers se superposent à Bali, et ils ne coïncident pas : celui de la météo, avec une saison sèche d'avril à octobre, et celui de la fréquentation, qui explose en juillet et août puis en décembre. La bonne fenêtre est là où les deux se croisent le moins mal.
Saison sèche installée, fréquentation basse, végétation au maximum après les pluies. Les prix sont nettement inférieurs à ceux de l'été et les routes du sud restent circulables. C'est la période que je recommanderais.
La foule est repartie, il fait encore sec, et l'île retrouve son rythme. Les rizières sont à un stade différent du cycle selon les régions, ce qui change complètement les paysages par rapport au printemps.
Le pic de fréquentation coïncide avec la période où la ressource en eau est la plus tendue, et les prix doublent. C'est le moment où Bali donne la pire image d'elle-même, y compris hors du sud.
Le paramètre local à connaître : Nyepi, le jour du silence balinais, tombe en mars ou avril selon le calendrier saka. Pendant vingt-quatre heures, l'île s'arrête entièrement, aéroport compris : ni sortie, ni lumière, ni déplacement. C'est déroutant si vous ne l'avez pas prévu, et fascinant si vous l'avez choisi. Vérifiez la date avant de réserver.
✦La sécurité à Bali :
Il y a peu de criminalité, sauf celle liée au surtourisme. Mais la loi est tellement dure pour les locaux que les vols sont rares. Attention quand même, la population commence à en avoir marre du monde et des comportements limites. Les vrais risques sont les routes et la mer. la "route de la mort" indonésienne passe par Bali, avec beaucoup de camions d'approvisionnement. Faites attention !
Ce qui rassure :
- ✓Très peu d'agressions
Les crimes violents contre les visiteurs sont rares. Le vol d'opportunité (sac laissé sur un scooter, téléphone sur une table) existe.
- ✓Des soins de qualité au sud
Denpasar dispose de cliniques internationales de bon niveau. C'est un vrai argument, notamment pour les accidents de deux-roues.
- ✓Voyager seule y est confortable
Bali fait partie des destinations d'Asie où les voyageuses solo se sentent le plus à l'aise, avec les précautions d'usage le soir.
- ✓Une culture accueillante
L'hospitalité balinaise n'est pas un cliché commercial. Hors des zones saturées, le rapport aux visiteurs reste chaleureux et détendu.
Ce qui demande de la vigilance :
- ✕Le scooter
C'est le risque numéro un, de très loin. Routes glissantes après la pluie, conduite locale imprévisible, et beaucoup de touristes sans permis ni expérience.
- ✕L'assurance deux-roues
La plupart des contrats de voyage excluent le scooter sans permis moto valide. En cas d'accident grave, la facture est pour vous.
- ✕L'eau et la nourriture
La turista est fréquente. Eau en bouteille ou filtrée, pas de glaçons hors des établissements sérieux, et prudence sur les crudités.
- ✕La rage
Elle circule à Bali, transmise par les chiens et les singes. Toute morsure ou griffure impose une consultation immédiate, sans exception.
Les six réflexes qui comptent :
Bali n'est pas l'endroit où apprendre. Casque systématique vu le nombre d'accidents.
Beaucoup de contrats excluent le scooter, ou l'excluent sans permis moto. Vérifiez !
La rage est présente sur l'île. Chiens errants et singes des temples : toute effraction cutanée impose une consultation le jour même, pas au retour.
Vu le surtoutisme, il y a des problèmes d'eau un peu partout sur l'ile. Préférez les fontaines filtrées il y en a de plus en plus.
Les plages de la côte sud et ouest sont exposées à des courants de baïne violents. Faites attention si vous ne connaissez pas les lieux.
Non je déconne, que pourrez vous faire contre l'éruption d'un volcan ? L'aéroport a été fermé plusieurs fois entre 2017 et 2019, mais c'est tout.
Le point que je répète le plus souvent : le scooter est à la fois la meilleure façon de découvrir l'est et le nord de Bali, et le premier motif de rapatriement sanitaire de l'île. Si vous n'êtes pas déjà un conducteur aguerri, prenez une voiture avec chauffeur. Cela coûte 30 à 50 € la journée et cela règle la question.


✦La carte des régions préservées :
Les douze lieux de cet article, placés sur la carte. Les repères ne portent qu'un numéro, les noms sont dans la liste juste en dessous.
- 1SidemenÀ faire
La vallée de rizières en terrasses à l'est, au pied du mont Agung. Mon premier conseil.
- 2AmedÀ faire
Villages de pêcheurs, sable noir volcanique et plongée à quelques mètres du bord.
- 3TulambenPlongée
L'épave du Liberty, accessible en apnée depuis la plage. Plongée majeure de l'île.
- 4MundukMontagne
En altitude, plantations de café et cascades. Prévoyez une petite laine.
- 5LovinaNord
La côte nord, sable noir et mer calme. Jamais décollé touristiquement.
- 6Sources chaudes de BanjarNord
Bassins d'eau chaude dans la végétation, à proximité de Lovina.
- 7Parc national de Bali occidentalConfidentiel
La pointe ouest, presque déserte, et Menjangan pour le snorkeling.
- 8Mont AgungVolcan
Le volcan sacré, 3 031 m. Éruptions de 2017 à 2019, calme depuis.
- 9Nusa PenidaÀ nuancer
Spectaculaire mais fréquentée en journée. Dormez-y deux nuits.
- 10UbudNuancé
Centre saturé, mais les villages périphériques restent calmes.
- 11CangguÀ éviter
Le symbole de ce qui a changé. À voir, pas à y dormir.
- 12Temple d'UluwatuException
Le sud vaut encore une journée pour cette falaise au coucher du soleil.
Lecture de la carte : comptez toujours en heures, jamais en kilomètres. Cinquante kilomètres sur les routes de montagne demandent deux heures et demie. Regroupez par secteur (est, puis nord, puis retour) et ne planifiez jamais deux étapes le même jour.



✦Où dormir hors du sud :
C'est une décision importante, si çà ne tenait qu'à moi ce serait ailleurs en Indonésie..
Des maisons d'hôtes et de petits lodges perchés au-dessus des terrasses de riz, avec le mont Agung en toile de fond. Réveil dans la brume sur les rizières, et à peu près personne. C'est le Bali des cartes postales, en vrai.
Ce que je recommande d'abordBungalows de bord de mer, sable noir, et l'épave du Liberty accessible depuis la plage. L'offre est simple et familiale, très loin des complexes du sud. Certaines adresses ont leur propre centre de plongée.
Le meilleur rapport qualité sur prixDes chambres avec vue sur les plantations, dans la fraîcheur des hauteurs. Prévoyez une petite laine, ce n'est pas une plaisanterie : il peut faire moins de vingt degrés le matin.
Le contraste total avec la côtePetites structures en bord de mer, ambiance de bourgade, sources chaudes de Banjar à proximité. Le nord n'a jamais décollé touristiquement, et c'est précisément son intérêt.
Le nord reste largement ignoréUbud centre est saturé, mais ses villages périphériques (Penestanan, Sayan, Keliki) restent calmes et donnent accès aux services. Un bon point de chute si vous voulez du confort sans le sud.
Choisissez le village, pas le centreTrois à cinq fois le prix de l'est pour un cadre bétonné et une heure et demie d'embouteillage depuis l'aéroport. Si vous devez y passer, faites-le en journée et dormez ailleurs.
L'erreur la plus coûteuse du séjourLe conseil logistique qui sauve deux jours : ne dormez pas au sud la nuit de votre arrivée, même par facilité. Prenez un chauffeur dès l'aéroport et filez vers l'est le soir même, ou dormez près de l'aéroport et partez à l'aube. Sinon vous perdrez votre première matinée dans la circulation.



✦Où manger à Bali :
La cuisine balinaise est meilleure au centre de l'île, et moins chère dans les warungs, ces cantines familiales que l'on trouve dans chaque village.
Une cantine familiale, souvent une pièce ouverte sur la rue, avec quelques plats préparés le matin. Nasi campur, mie goreng, tempeh, légumes au sambal. C'est là que l'on mange le mieux et pour rien.
Le meilleur choix, partout sur l'îleLe cochon de lait à la broche, plat de fête balinais, servi avec du riz et des accompagnements. Ce n'est pas un plat de tous les jours, et les meilleures adresses sont souvent des maisons ouvertes seulement le matin.
Épuisé dès midi dans les bonnes adressesCanard mariné aux épices, enveloppé dans des feuilles et cuit très lentement pendant des heures. Il se commande souvent la veille, ce qui explique qu'on le rate presque toujours quand on ne le sait pas.
À réserver un jour à l'avanceUne bouillie de riz au poulet, servie tôt, chaude et réconfortante. C'est le petit-déjeuner local, vendu dans la rue ou au marché, et il vaut mieux que le buffet du logement.
Avant 9 h, au marché du villageLes hauteurs produisent du café et du cacao, et plusieurs petites exploitations accueillent les visiteurs. Méfiez-vous en revanche du kopi luwak, dont les conditions de production sont largement critiquées.
Évitez le kopi luwakCartes internationales, façades végétales et prix européens, pour une cuisine sans lien avec l'île. Cinq à dix fois le prix d'un warung, et l'argent repart rarement dans une poche balinaise.
Le contraire de ce qu'on est venu chercherLa règle simple : plus la carte est en anglais et illustrée, plus vous payez cher pour manger moins bien. Cherchez les warungs où sans menu.
✦L'itinéraire et le budget :
Le circuit de dix jours que je conseillerais, avec les ordres de grandeur correspondants.
| Étape ou poste | À savoir |
|---|---|
| Jours 1 à 3, Sidemen | rizières, villages, mont Agung en toile de fond |
| Jours 4 et 5, Amed | plongée et snorkeling depuis la plage, sable noir |
| Jours 6 et 7, Munduk | altitude, cascades, plantations de café |
| Jours 8 et 9, Lovina ou l'ouest | côte nord tranquille, ou parc national |
| Jour 10, retour | prévoir une marge, la route du sud est lente |
| Hébergement | 20 à 60 € la nuit hors du sud |
| Repas en warung | 2 à 4 € le plat |
| Taxe de séjour | 150 000 IDR par personne, à régler en ligne avant le départ |
Mon Bali date de 2014. Revenu entre temps j'ai été terriblement déçu.
Je préfère le dire franchement : j'ai passé un mois à Bali en 2014, et j'y suis retourné une fois. J'y ai aussi envoyé des clients au début de mon agence. Ce qui relève du vécu dans cet article est mon ressenti forcément déceptif. Tout ce qui relève des chiffres, des prix et des règles a été revérifié pour 2026-27.
Je suis incapable d'oublier Canggu que j'ai connu sans embouteillages, avec uniquement des rizières, Uluwatu quand c'était une falaise et un temple. Ce décalage est précisément ce qui permet de dire ce qui a été perdu et ce qui a tenu.
Je ne peux donc pas sciemment vous recommander l'île (et encore moins sa partie sud). Mais je peux quand même dire où le tourisme n'a pas encore tout écrasé et pourquoi c'est là qu'il faut aller. Le Contre Tourisme, c'est faire le pas de côté. Même à Bali, il y a des endroits préservés et des activités authentiques, il suffit de les trouver.
C'est la même honnêteté que j'ai essayé d'avoir pour Marrakech, où la question se pose aujourd'hui.
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Moi c'est Jean-Baptiste,
Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. À Bali, je joue cartes sur table : j'y ai passé plusieurs semaines en 2014, avant la vague. Tout ce qui relève du vécu date de cette époque, tout ce qui relève des chiffres et des règles a été revérifié en 2026. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton séjour de A à Z.
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Sidemen, Munduk, Amed, la côte nord : je compose des itinéraires balinais qui contournent entièrement le sud saturé.
Organise mon voyage avec Odyssélux✦Mon verdict :
Le procès fait à Bali est celui du sud de Bali. Vingt kilomètres carrés saturés font oublier une île de 5 700 kilomètres carrés où l'on marche encore entre les rizières sans croiser personne.
Ne dormez jamais au sud, filez vers l'est dès l'atterrissage, comptez en heures et non en kilomètres. Le reste de mon avis est dans Bali en 2014 et aujourd'hui.