La péninsule du nord de la Croatie, et mon coin préféré du pays : villes vénitiennes au bord de l'Adriatique (Rovinj, Poreč), ville romaine (Pula et ses arènes), et surtout un arrière-pays de villages perchés (Motovun, Grožnjan) — la « Toscane croate » des truffes, de l'huile d'olive primée et des vins de Malvazija. Le tout en une heure de route maximum. Idéale de mai à octobre, voiture vivement conseillée.
En Croatie, j’avais déjà visité la capitale Zagreb, mais je voulais absolument passer par l’Istrie avant d’attaquer la côte dalmate. Je préfère toujours les lieux préservés (et donc les montagnes, ou les régions moins touristiques). Déjà parce qu’on y mange mieux, ensuite parce que tout est moins cher, et enfin parce que les gens sont plus sympa, car moins harassés par le tourisme de masse. C
Et comme partout ailleurs, c’était le cas en Istrie. Pays plus vert, reculé (si on met de côté les plages), j’ai pu rouler des heures sans croiser personne et tester des hôtels et des restaurants incroyables. Le fait qu’on soit en plein covid a surement aidé, mais je n’ai pas retrouvé ce calme ailleurs en Croatie…
Que vous arriviez par la Slovénie, l’Italie ou Zagreb il sera difficile de descendre plus bas en Croatie sans faire un détour en Istrie. Ne filez pas tout de suite sur les plages à Porec ou Rovinj, mais perdez vous un peu dans les terres autour de Motovun.
Croyez moi, vous regretterez les lieux quand vous serez entourés de touristes et de chinoiseries à Dubrovnik !
Mai-juin et septembre sont parfaits : mer chaude, côte encore calme, villages perchés respirables. L'automne est magique à l'intérieur — c'est la saison de la truffe blanche (sept.-janv.), des vendanges et des brumes sur la vallée de la Mirna. Juillet-août remplissent surtout le littoral (Rovinj, Poreč), tandis que l'arrière-pays reste tranquille. L'hiver, doux sur la côte, est l'arrière-saison des gourmands.
La péninsule doit son nom aux Histriens, peuple illyrien soumis par Rome au IIᵉ siècle av. J.-C. Les Romains y bâtissent villes et monuments — dont les arènes de Pula, l'un des plus grands amphithéâtres conservés au monde. L'huile d'olive istrienne s'exporte déjà jusqu'à Rome.
Sous Byzance, l'évêque Euphrasius fait édifier à Poreč une basilique aux mosaïques d'or et de nacre, chef-d'œuvre paléochrétien classé UNESCO. L'Istrie est alors une terre chrétienne prospère, à la charnière de l'Orient et de l'Occident.
Venise domine la côte et la plupart des villes pendant des siècles. Elle laisse une empreinte indélébile : loggias, places, campaniles, lions sculptés, et l'exploitation des forêts de chênes (Motovun) pour les mâts et pilotis de la lagune.
Sous les Habsbourg, Pula devient le grand port de guerre de la marine austro-hongroise, et la côte istrienne, une riviera prisée de la bourgeoisie viennoise. Routes, chemins de fer (la Parenzana) et villas balnéaires se multiplient.
Italienne entre les deux guerres, l'Istrie est rattachée à la Yougoslavie après 1945. Une large partie de la population italophone quitte alors la région lors de l'exode istrien — un épisode douloureux qui explique le bilinguisme et la culture métissée d'aujourd'hui.
Truffes, huiles d'olive primées au niveau mondial, vins de Malvazija et de Teran, villages perchés sauvés par les artistes et le tourisme doux : l'Istrie s'est réinventée en destination gastronomique et culturelle — la plus « italienne » des régions croates.
Le saviez-vous ? En Istrie, beaucoup de villes portent deux noms — croate et italien (Rovinj/Rovigno, Poreč/Parenzo, Pula/Pola, Motovun/Montona). L'italien reste langue co-officielle sur une partie du territoire : panneaux bilingues, menus, et un accent méditerranéen qui rend la région unique en Croatie.
La perle de l'Istrie : campanile, façades pastel plongeant dans la mer, ruelles d'artistes et couchers de soleil adriatiques. La plus belle ville de la côte — mon article complet sur Rovinj.
La grande ville romaine : ses arènes presque intactes (concerts l'été), le temple d'Auguste, et tout près le cap Kamenjak sauvage et les îles Brijuni. Plus vraie et plus abordable que la côte chic.
Station balnéaire familiale autour d'un joyau : la basilique euphrasienne et ses mosaïques byzantines d'or (UNESCO). Vieille ville sur plan romain et grandes lagunes pour la baignade.
L'icône de l'Istrie verte, dressée sur sa colline au-dessus de la forêt à truffes de la Mirna. Remparts panoramiques, vins, festival du film — magique à l'aube et au coucher du soleil.
Le village d'artistes : ruelles médiévales pleines de galeries et d'ateliers, académie de musique l'été, oliviers tout autour. Minuscule, paisible, hors du temps — à combiner avec Motovun.
À la pointe sud, la réserve sauvage de Kamenjak (criques, falaises, eaux cristallines, zéro béton) ; au large, le parc national des Brijuni, ancien domaine de Tito. La nature istrienne à l'état pur.
Un long bras de mer encaissé entre des falaises boisées, où l'on élève huîtres et moules. Belvédère depuis la route ou balade en bateau — un paysage de fjord surprenant au cœur de l'Istrie.
Buzet, capitale de la truffe, et Hum, « la plus petite ville du monde » (une trentaine d'habitants). Le cœur gourmand de l'Istrie : chasses à la truffe, distilleries de biska et routes des vins.
Mon conseil d'itinéraire : posez-vous deux ou trois nuits sur la côte (Rovinj ou Pula) et deux nuits dans l'arrière-pays (Motovun, Grožnjan ou un agritourisme). En une semaine, à moins d'une heure de route entre chaque étape, on embrasse les deux visages de l'Istrie — la mer et les collines.
La plus belle base côtière, mais la plus chère et la plus courue. Vieille ville romantique, couchers de soleil, restaurants. Réservez tôt et hors juillet-août pour des prix raisonnables.
Le charmePlus grande, plus vraie et nettement moins chère. Idéale comme base sud pour les monuments romains, Kamenjak et les Brijuni, avec aéroport à 6 km. Le meilleur rapport qualité-prix de la côte.
Rapport Q/PLe choix familial : grandes stations (Zelena, Plava Laguna), plages aménagées, campings et clubs. Pratique avec des enfants, vieille ville et basilique à portée.
FamilleDormir dans un village perché pour le vivre après le départ des excursionnistes — couchers et levers de soleil sur la vallée brumeuse. Quelques boutique-hôtels et chambres ; réservez, l'offre est rare.
Coup de cœurMa reco : un agritourisme entre vignes et oliviers (vers Vižinada, Buzet, Oprtalj), avec piscine et table d'hôtes maison — huile, vin, truffes. Moitié prix de la côte, calme absolu, voiture indispensable.
AuthentiqueLe bon plan : ne dormez pas tout le séjour au même endroit. Deux ou trois nuits sur la côte (Rovinj ou Pula), deux nuits dans l'arrière-pays (village perché ou ferme) : c'est la formule qui révèle les deux âmes de l'Istrie, la marine et la terrienne. Prix indicatifs à confirmer selon la saison.
L'Istrie rivalise avec le Piémont : truffe blanche en automne (sept.-janv.), truffe noire le reste de l'année, sur des fuži ou une simple omelette. Chasses à la truffe avec chiens dans la forêt de la Mirna, autour de Buzet et Livade.
L'Istrie est régulièrement sacrée meilleure région d'huile d'olive du monde. Dégustez et achetez directement chez les producteurs de l'arrière-pays — un souvenir bien plus précieux qu'un magnet.
Le blanc Malvazija istarska, frais et floral, et le rouge Teran, terrien et tannique, accompagnent toute la cuisine locale. Les routes des vins de l'intérieur enchaînent les caves entre deux villages perchés.
Les pâtes istriennes (fuži, pljukanci), le jambon cru séché à la bora (pršut), le bœuf boškarin aux longues cornes, et sur la côte, le poisson grillé et les huîtres du Lim. Une cuisine de terre et de mer, généreuse.
Mon conseil : l'Istrie se mange surtout à l'intérieur. Réservez au moins un dîner dans une konoba de l'arrière-pays (truffes, boškarin, Malvazija) et une dégustation huile + vin chez un producteur. Sur la côte, fuyez les terrasses à touristes au profit des konobas de villages. Adresses précises à compléter selon vos repérages.
Il n’y a pas photo, l’Istrie est la meilleure région de Croatie. En plus c’est la plus proche de nous ! Plus verte, mais tout aussi balnéaire, elle a entretenu une étroite relation avec les autres peuples de l’antiquité, puis avec la république de Venise. Le résultat : beaucoup de choses à voir, de palais encore debout, de richesses historiques, mais aussi des plages merveilleuses. Mon coup de coeur ? Motovun, un village qui pourrait être français (çà ressemble à Cordes sur ciel), perché sur une colline et avec vue sur les environs. Magique.
En tout cas si vous avez des questions ou besoin de plus d’information sur l’Europe, écrivez moi via mon agence de voyage Odyssélux ! Et n’hésitez pas à aller voir mes articles sur la Croatie ici !