L'île la plus verte de l'Adriatique : son tiers ouest est un parc national depuis 1960, avec deux lacs d'eau salée où l'on se baigne, un monastère bénédictin sur un îlot et la grotte d'Ulysse. Pinèdes, vélo, kayak et villages endormis — l'une de mes îles préférées car presque oubliée du tourisme de masse. On y vient en ferry depuis Dubrovnik. Idéal en mai-juin et septembre.
Mljet est mon endroit préféré de Croatie. Sauf si je l’ai déjà dit pour l’Istrie et Rovinj… Il n’y a rien d’exceptionnel sur cette île typiquement méditerranéenne qui ressemble à d’autres en Europe. C’est surtout mon expérience qui a été déterminante.
Mais ! Si j’y ai passé un si bon moment c’est parce que l’île est plus reculée que ses voisines (coucou Hvar) et a tout ce qu’il faut. Des montagnes (pour se défouler), des plages merveilleuses (Limuni), et une traversée en Ferry parmi les plus belles que j’ai pu avoir. On mange bien, et l’éloignement (3h minimum depuis l’aéroport de Dubrivnik) en fait un vrai bout du monde. Alors, on y va ?
J’ai passé une semaine sur Mljet, à la villa radulj. Un endroit familial, pas luxueux mais agréable. J’avais une voiture (obligatoire) et je suis allé d’un bout à l’autre de l’île, me baigner sur toutes les plages, tester des spots perdus comme l’observatoire de forêt du sommet Montokuc (çà ne s’invente pas).
Et c’était parfait après plusieurs jours sur la côte Croate, sur les grosses villes touristiques de Split et Zadar. J’avais même passé du temps à Hvar, une île peut être plus belle, mais beaucoup plus touristique (et fêtarde, donc pas pour moi).
La légende veut que Mljet (Melita) soit l'île où la nymphe Calypso retint Ulysse sept années durant. Une grotte marine du sud de l'île porte encore son nom — la « grotte d'Ulysse ». Mythe ou pas, l'île a toujours eu cette aura de bout du monde où le temps s'arrête.
Les Romains s'installent dans la baie abritée de Polače (« les palais ») et y bâtissent une vaste résidence dont les murs se dressent encore au milieu du village actuel. On amarre aujourd'hui son voilier au pied de ruines vieilles de dix-sept siècles.
Des moines bénédictins fondent un monastère sur l'îlot Sainte-Marie, au milieu du Grand Lac (Veliko jezero). L'image la plus célèbre de l'île : une église romane posée sur une île, au milieu d'un lac, au milieu d'une île. Une mise en abyme parfaite.
Pendant des siècles, Mljet relève de la République de Raguse (Dubrovnik). L'île vit de la pêche, du sel, de l'huile d'olive et du vin — une économie insulaire frugale qui a façonné ses villages de pierre et ses terrasses.
Le tiers ouest de l'île est classé parc national en 1960 pour protéger ses lacs salés, ses pinèdes d'Alep et ses fonds marins — l'un des tout premiers parcs maritimes de Méditerranée. La construction et la circulation y sont strictement encadrées.
Peu peuplée, peu construite, mal desservie : Mljet est restée à l'écart du tourisme de masse qui a transformé Hvar ou Dubrovnik. C'est précisément ce qui en fait, pour moi, l'une des plus belles îles de Croatie — un retour à la lenteur.
Le saviez-vous ? Les deux lacs de Mljet (Veliko et Malo jezero) ne sont pas des lacs d'eau douce mais des bras de mer reliés à l'Adriatique par d'étroits chenaux. Leur eau, salée et plus chaude que la mer ouverte, se prête à une baignade délicieuse — et autorisée, elle.
Au milieu du Grand Lac, une navette de bateau (incluse dans le billet du parc) dépose sur l'îlot où trône le monastère bénédictin du XIIe siècle. L'image-carte-postale absolue de Mljet — à voir en fin de journée, quand la lumière rosit la pierre.
Contrairement à Plitvice, ici on se baigne ! Les deux lacs d'eau de mer, tièdes et translucides, se longent à pied ou à vélo. Le pont de Mali Most, entre les deux, est le spot où plonger dans le courant.
Le sentier qui ceinture les lacs (~9 km) se fait à vélo loué à l'entrée, ou en kayak sur l'eau. C'est la plus belle façon de vivre le parc : ombre des pins, criques, et silence — loin des passerelles bondées d'ailleurs.
Au sud, près du village de Babino Polje, une grotte marine où la légende situe la captivité d'Ulysse chez Calypso. On y accède en bateau ou en nageant par une ouverture — eau d'un bleu électrique quand le soleil entre.
Dans le village-port de Polače, les vestiges d'un palais romain du IVe siècle se dressent entre les maisons et les terrasses de restaurants. On y accoste, on s'y promène, on y dîne — l'Histoire à hauteur de table.
À l'extrémité est de l'île, Saplunara aligne de rares plages de sable (une exception en Croatie), bordées de pins. Loin du parc et des bateaux, c'est le coin baignade-farniente de Mljet — encore confidentiel.
Le bon plan : entrez dans le parc par Pomena ou Polače tôt le matin, louez un vélo, faites le tour des lacs, déjeunez sur l'îlot Sainte-Marie, et gardez le sud sauvage (grotte d'Ulysse, Saplunara) pour le lendemain. Deux jours sur place valent dix fois une excursion express depuis Dubrovnik.
Le seul vrai hôtel du parc, au bord de l'eau à Pomena, à deux pas de l'entrée et de l'embarcadère pour l'îlot. Pratique pour être au cœur du parc dès l'ouverture, avec location de vélos et kayaks sur place.
PratiqueLe village-port de Polače, avec ses ruines romaines et ses konobas au bord de l'eau, concentre des chambres et apparts chez l'habitant (sobe / apartmani). L'option la plus charmante pour vivre l'île, entrée du parc à 5 min.
Coup de cœurÀ l'autre bout de l'île, quelques maisons et petites pensions face aux rares plages de sable de Croatie, dans les pins. Pour ceux qui viennent autant pour la baignade et le calme que pour le parc.
PlageLe port principal des ferries, à l'est. Moins joli que Polače mais pratique si vous arrivez tard ou repartez tôt en voiture. Quelques bonnes tables de poisson au passage.
BudgetAu centre de l'île, des familles louent des chambres et servent huile d'olive, vin et fromage maison. Le vrai Mljet rural, loin de l'embarcadère — voiture ou vélo électrique conseillés.
AuthentiqueÀ savoir : l'hébergement est rare et l'île se vide hors saison — réservez à l'avance d'avril à octobre, et vérifiez les horaires de ferry au moment de choisir entre Polače (catamaran) et Sobra (ferry voiture). Prix indicatifs à confirmer.
Poulpe ou agneau cuits des heures sous une cloche de fonte recouverte de braises (« ispod peke »). Le plat-événement de l'île — à commander la veille dans les konobas de Polače ou Pomena. Lent, fondant, inoubliable.
Daurade, loup, calmars, parfois la langouste (jastog) de Pomena. Servis simplement grillés à l'huile d'olive de l'île. Demandez « riba dana » (le poisson du jour), vendu au poids et frais du matin.
Mljet vit de ses oliviers, de quelques vignes et d'un miel réputé (l'île est un sanctuaire d'abeilles grises indigènes). Les domaines familiaux de l'intérieur vendent leur production — souvenirs comestibles bien plus vrais qu'un magnet.
Les konobas de Polače alignent leurs tables au pied des ruines romaines, face aux voiliers. Cadre imbattable au coucher du soleil. Réservez en été, l'offre est limitée et les bons spots partent vite.
Mon conseil : commandez votre peka dès le matin (elle cuit 3-4h), et dînez à Polače au coucher du soleil, face aux ruines et aux mâts. Sur une île où tout est rare, on mange étonnamment bien — à condition d'anticiper. Adresses précises à compléter selon vos repérages.
C’est le hack en Croatie. Préservée du tourisme de masse qui sévit sur les côtes Croates, les nombreuses îles permettent de vivre une vie plus locale. Il faut absolument passer quelques jours dans les îles (et pas simplement payer une excursion en bateau vers quelques criques). Attention, çà peut être cher en plein été, d’où l’importance de bien choisir son île, la plus reculée possible !
Une fois sur place, l’objectif est de laisser passer le temps, comme les locaux…
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