Berat, la ville aux mille fenêtres
Mon avis sur la ville de Berat :
Berat est un incontournable d’Albanie. Çà en fait forcément une ville touristique (la citadelle est classée à l’UNESCO). J’hésitai donc à en faire une étape sur mon road trip dans les Balkans. Et veille du retour, faute d’autre chose à faire, je me suis résolu à faire 3h de bouchons pour y passer ma dernière nuit.
Grand bien m’en a pris, car cette citadelle (l’une des plus vieilles d’Europe) est vraiment magnifique posée sur un rocher, avec le soleil qui se couche derrière le mont Tomorr et la rivière Osum en contrebas qui brille comme du métal.

Où est Berat ?
Berat se situe dans le centre-sud de l’Albanie, à environ 120 km de Tirana — deux heures en voiture sur une des seules routes correctes du pays. C’est l’étape logique entre l’aéroport et le sud du pays (Gjirokastër, la Riviera albanaise). Un sud que je n’ai pas visité et dont je ne parlerai pas sur ce blog !
Sans voiture, les fourgons collectifs (furgon) partent plusieurs fois par jour depuis le terminal bus de Tirana. Comptez 2h à 2h30 et 5€ sans réservation.

Un peu d'histoire :
Fondée par les Illyriens sous le nom d’Antipatreia, détruite par les Romains en -200 qui la rebaptisent Pulcheriopolis— « la belle ville ». Au IXe siècle, les Slaves l’appellent Belgrad, « ville blanche ». Ce n’est qu’au XIVe siècle qu’elle devient Berat.
Les fortifications actuelles datent du XIIIe siècle, sous Michel II Comnène. La porte d’entrée nord porte encore ses initiales gravées dans la pierre. Les Ottomans prennent la ville en 1417 et y construisent la mosquée Blanche — la plus ancienne d’Albanie — à l’intérieur même des remparts byzantins. Résultat : une forteresse qui contient à la fois des églises orthodoxes du XIVe siècle et une mosquée du XVe.
Berat est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce label a fait ce qu’il fait partout : il a attiré les groupes, fait monter les prix, transformé des maisons ottomanes en guesthouses et attiré Instagram. Mais des gens vivent encore dans la forteresse. La Kala est accessible 24h/24 parce que c’est un quartier habité et pas un site muséifié.
Mon moment préféré ? Le soir, au moment du coucher de soleil, quand les groupes sont repartis vers leurs hôtels continentaux de la ville basse.

La forteresse de Berat : le KALA
On évite de monter en voiture ! Le GPS ne vous le dira pas mais c’est l’enfer. On grimpe à pieds depuis Mangalem par la rue Mihal Komnena. C’est déjà une sacrée tannée, et il faut être en forme ! L’Albanie n’est pas un pays membre de l’Union Européenne et on se rend bien compte que rien n’est aux normes handicapées !
La Kala couvre 10 hectares de dédale — ruelles pavées glissantes, maisons de pierre des XVIIIe et XIXe siècles. Comme à Carcassonne, c’est un quartier résidentiel à l’intérieur d’une forteresse médiévale. Ce détail change tout à la manière de se promener dedans.
Les 24 tours des remparts sont à moitié démolies mais les remparts donnent une belle vue plongeante sur les quartiers de la ville moderne, la rivière Osum serpente en contrebas, les montagnes au fond.
À l’intérieur des remparts : une dizaine d’églises orthodoxes byzantines survivantes (sur les quarante d’époque), les ruines de deux mosquées ottomanes et l’église de la Dormition-de-la-Vierge qui abrite le musée Onufri, consacré au peintre iconographe albanais du XVIe siècle.


Les autres quartiers de la ville : Mangalem et Gorica
Mangalem est le quartier ottoman, côté forteresse. C’est là que se concentre le tourisme — restaurants en terrasse sur l’Osum, guesthouses dans les maisons restaurées, boutiques d’artisanat. Reconnaissable à ses maisons blanches aux rangées de fenêtres identiques qui regardent vers la vallée. La « ville aux mille fenêtres » — le surnom de Berat — vient de là : les façades ottomanes étaient percées d’un maximum de fenêtres pour faire entrer la lumière dans les pièces profondes.
Gorica est de l’autre côté de l’Osum, accessible par le pont de Gorica du XVIIIe siècle. Quartier chrétien historique — moins restauré, moins fréquenté, plus calme. Les ruelles y sont plus étroites, les maisons moins parfaitement blanchies. C’est souvent là qu’on trouve les adresses locales, loin du circuit principal.
L’Osum en bas : la rivière passe entre les deux quartiers, bordée de terrasses de restaurants. Le soir, c’est agréable sans être touristique au mauvais sens du mot — les Albanais eux-mêmes viennent là pour la xhiro, la promenade de fin d’après-midi, mélange de déambulation sociale et de rituel quotidien.

Budget et dates :
Le plus grand lac des Balkans est l’un des endroits les plus verts d’Europe. L’hôtellerie est agréable, passez y plusieurs nuits plutôt que d’y aller à la journée depuis Kotor ou Shkodar.
FAQ : visiter Skadar Lake :
Skadar Lake est-il en Albanie ou au Monténégro ?
Les deux. Le lac est partagé : deux tiers appartiennent au Monténégro (parc national depuis 1983), un tiers à l’Albanie (réserve naturelle depuis 2005). La porte d’entrée principale est Virpazar côté monténégrin, à 20 minutes de Podgorica. On peut pagayer d’un pays à l’autre, et çà c’est rigolo !
Peut-on nager dans Skadar Lake ?
Oui et vu la chaleur l’été c’est plutôt sympa ! L’eau est douce et propre. Plusieurs plages de galets existent sur la rive sud. Certaines excursions en bateau incluent un arrêt baignade.
Combien coûte une excursion en bateau sur Skadar Lake ?
Les tours de groupe durent 2 à 3h pour ~15-20€ par personne. Un bateau privé (recommandé ++ surtout vers Karuc pour accéder aux chenaux de nénuphars) coûte ~40-60€ pour le bateau entier.
Quelle est la meilleure période pour voir les pélicans ?
Avril à juin est la période de nidification — les pélicans dalmates sont présents et actifs. En été ils sont moins visibles. Septembre est excellent pour les oiseaux migrateurs. En dehors de ces fenêtres, les observations sont aléatoires.
Comment rejoindre Skadar Lake depuis Tirana ?
En voiture, environ 2h depuis Tirana via Shkodër. Privilégiez la route sud-ouest (via Shkodër puis la rive albanaise du lac) plutôt que la route nord-est — le paysage est nettement plus beau. Attention en plein été le passage de frontières peut prendre beaucoup de temps… La combinaison Tirana → Komani Lake → Skadar Lake → Monténégro est un itinéraire cohérent.
Skadar Lake vaut-il le détour depuis Kotor ?
Oui — mais pas en excursion d’une journée organisée depuis Kotor. Ces tours passent trop de temps sur la route et pas assez sur l’eau. Mieux vaut venir directement à Virpazar pour une nuit ou deux et faire le lac à votre rythme.
Où dormir à Skadar lake ?
Encore mieux : dormez sur le lac. J’étais de mon côté à Godinje, au meilleur endroit pour voir le coucher de soleil ! Il y a plusieurs B&B pas cher et très qualitatifs :
Vržina Farm House Skadar Lake
- Guest house Bato
- Ivan’s holiday home
- Country house Djurisic (un peu plus haut de gamme)
En Conclusion :
touristique
Coup de coeur a Skadar Lake
Skadar Lake est à l’antithèse de la riviera albanaise. Le lac est beau et peu visité. Les monastères sont là depuis six siècles. Les pélicans n’ont pas signé de contrat d’exclusivité avec une agence (sauf avec Odyssélux…). Si vous êtes en plein road trip en Europe sur la côte monténégrine et que vous cherchez deux jours de silence complet avant de reprendre la route — c’est ici.
En tout cas si vous avez des questions ou besoin de plus d’information sur Socotra, un pays où il est impossible d’organiser son voyage seul, écrivez moi via mon agence de voyage Odyssélux ! Et n’hésitez pas à aller voir mes articles sur l’Albanie ici !
Comme tout le monde, j’ai d’abord visité la Croatie avant d’aller en Albanie. Sortir de nos aventures en Europe n’est pas toujours simple, mais entre les deux pays (surtout en plein été) je vous conseille vivement de vous aventurer plus au sud ! Moins cher, moins bondé et tout aussi sympathique, vous serez en plus au centre des balkans, et aurez la possibilité comme moi de visiter plusieurs pays en un coup ! Un voyage que vous pouvez aussi vivre avec ma proposition chez Odyssélux !
Présentation de l'Albanie :
- Circuit d'une semaine à Socotra
Les étapes de mon voyage en Albanie :
- Les alpes albanaises
- Berat
Contenu supplémentaire :
- On mange bien en Albanie ?