Tolsaventures

foule de touristes massée devant un site célèbre
route déserte dans une destination peu fréquentée
rencontre avec un habitant lors d'un voyage hors des sentiers battus
Manifeste · Contre-tourisme

Le contre-tourisme, c'est quoi ?

80 % des voyageurs se partagent 10 destinations. Il reste 185 pays.

Le contre-tourisme en 30 secondes :

Le contre-tourisme consiste à voyager délibérément là où les foules ne vont pas : d'autres pays, d'autres saisons, d'autres heures. Ce n'est ni de l'aventure extrême, ni du militantisme, ni une question de budget. C'est un déplacement du regard : refuser que 80 % des voyageurs se concentrent sur une poignée de destinations pendant que le reste du monde reste invisible. Le bénéfice est triple : écologique (on désature les sites menacés), économique (l'argent va à des économies qui en ont besoin, et les prix y sont plus justes) et surtout humain (on voit enfin quelque chose de réel !). Je le pratique depuis dix ans et j'ai tellement aimé que j'en ai fait mon métier.

Ce manifeste pose la définition. Pour la mise en pratique, filez vers les 10 règles du contre-tourisme. Et parcourez toutes mes aventures pour voir à quoi ça ressemble sur le terrain.

Tout le monde va au même endroit :

Plus je voyage, plus je me demande pourquoi tout le monde va au même endroit ? Pourquoi des millions de personnes économisent-elles un an pour aller se photographier devant le Parthénon, au milieu de trois cents autres personnes qui prennent la même photo ?

La réponse tient en deux mots : habitude et peur. Habitude, parce que l'industrie du voyage propose toujours les mêmes vingt destinations et que les réseaux sociaux les amplifient. Peur, parce que tout ce qui n'est pas sur la liste paraît compliqué, cher ou dangereux. Trois craintes qui la plupart du temps, ne sont pas fondées.

Depuis dix ans, j'ai construit ma pratique du voyage contre cette logique. J'ai fini par lui donner un nom : le contre-tourisme. Ce n'est ni une marque, ni une posture. C'est simplement une manière d'organiser ses choix quand on prépare un voyage. Et c'est devenu le cœur de mon métier : aujourd'hui, je conçois pour d'autres les itinéraires que je testais pour moi.

J'écris cet article pour poser la définition de mon concept (je crois être le seul à l'utiliser), parce qu'on me pose la question et parce que l'expression a fini par intéresser des gens qui ne me connaissaient pas. Pour la partie pratique, tout est dans mes 10 règles du contre-tourisme.

Moi c'est Jean-Baptiste :

Depuis plus de 10 ans, j'aide les voyageurs à créer des itinéraires uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. Je teste, compare et analyse moi-même chaque destination : de la Bulgarie à la Bolivie, de l'Éthiopie à l'Ouzbékistan. Avec mon agence Odyssélux, je peux même te composer ton voyage de A à Z.
Sur ce blog et mes réseaux, je partage mes aventures, mes coups de cœur et tous les conseils pratiques pour t'aider à préparer ton prochain voyage sereinement.

70+pays explorés
10ans d'expérience
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trois métiers, un terrain

Une définition simple :

Définition

Le contre-tourisme est une manière de voyager qui consiste à choisir délibérément ce que le tourisme de masse délaisse : d'autres destinations, d'autres saisons, d'autres quartiers, d'autres horaires.

Autrement dit : à chaque étape de la préparation d'un voyage, il existe une option majoritaire et un pas de côté. Le contre-tourisme consiste à prendre systématiquement la seconde, tant qu'elle ne coûte ni en sécurité ni en plaisir. Le plus souvent, elle ne coûte rien du tout : elle est moins chère et plus agréable.

Cette manière de faire repose sur trois bénéfices :

Écologique

Répartir les visiteurs, c'est cesser d'user les mêmes sites. La surfréquentation abîme plus vite que le nombre total de voyageurs.

Économique

Là où le tourisme se concentre, les prix explosent et les habitants partent. Ailleurs, votre argent pèse et reste sur place.

Humain

Le vrai argument. Dans un lieu qui n'attend pas de touristes, on vous parle. On vous invite. Il se passe enfin quelque chose.

Ce que le contre-tourisme n'est pas :

La confusion la plus fréquente : on serait obligé de barouder. Or on peut faire du contre-tourisme en famille, à l'hôtel, avec une valise à roulettes et ... près de chez soi !

Ce n'est pas de l'aventure extrême.

Passer trois jours en Bulgarie plutôt qu'en Croatie ne demande aucun courage particulier. La plupart de mes destinations se visitent avec un sac normal, une voiture de location et tout le confort du monde.

Ce n'est pas une question de confort.

Rien n'oblige à dormir en dortoir. On peut très bien faire du contre-tourisme dans un très bel hôtel, à condition qu'il ne soit pas le 400ᵉ resort d'une côte saturée. Vous mangeriez mal de toute façon.

Ce n'est pas du militantisme.

Je ne demande à personne de renoncer à l'avion ni de culpabiliser. Je constate simplement qu'un choix un peu décalé produit un meilleur voyage, et accessoirement moins de dégâts sur notre planète et nos cultures.

Ce n'est pas la chasse au spot secret.

Là est le vrai piège. Courir après le lieu « pas encore gâché » pour le poster ensuite, c'est reproduire exactement le mécanisme qu'on prétend fuir. Le contre-tourisme n'est pas une course, c'est un rythme plus lent.

jungle de sao tomé Jungle · Sao Tomé

Un de mes meilleurs safaris, sans aucune souffrance animale, seul dans la mangrove de Sao Tomé © Jean-Baptiste Tolsa

Les chiffres du surtourisme :

On peut débattre longtemps du contre-tourisme comme d'une préférence esthétique. Les chiffres, eux, ne se discutent pas : la concentration touristique est un phénomène mesuré, documenté, et qui s'aggrave avec l'avènement des réseaux sociaux.

1,5 Mdde touristes par an dans le monde
80 %se partagent 10 destinations
10 %des émissions mondiales de CO₂
80 %des sites naturels menacés (Unesco)

Quand une ville reçoit vingt fois sa population :

Le déséquilibre saute aux yeux dès qu'on rapporte le nombre de visiteurs à celui des habitants. Ce ne sont plus des villes qui reçoivent des voyageurs : ce sont des décors qui absorbent des flux.

VilleVisiteurs / anHabitantsRatio
Barcelone32 millions1,6 million20 pour 1
Venise22 millions250 00088 pour 1

Les réponses politiques restent symboliques : une limitation légère des locations de courte durée à Barcelone, un ticket d'entrée à quelques euros à Venise, un plafond de paquebots à Dubrovnik fixé si haut qu'il ne change rien. Aucune de ces mesures ne fait baisser la fréquentation.

La conséquence économique : les prix

Là où la demande se concentre, les tarifs suivent. On a relevé des hausses de l'ordre de +40 % à Marrakech, +60 % à Lisbonne, +70 % à Bali sur les dernières années. Le voyageur paie donc plus cher pour être moins bien : c'est le seul marché au monde où la saturation augmente le prix et dégrade le produit.

Ce n'est pas entièrement négatif : le tourisme reste un moteur de développement, et les pays qui en vivent y tiennent. La question n'est donc pas de voyager moins, mais de voyager ailleurs.

À lire aussiFaut-il encore visiter Marrakech ?

Chiffres compilés en 2025 (Unesco, Nature Climate Change, données municipales). Ordres de grandeur — à revérifier avant toute citation.

EN IMAGES · LIEU
marche dans le sarek en juin 01
randonnée dans le Sarek.
rubjerg knude dunes au danemark 02
Des dunes de sable au Danemark.
Bouzloudja l'ovni soviétique 03
Bouzloudja l'ovni soviétique de Bulgarie.

Les trois objections qu'on me fait :

Défendre le contre-tourisme, c'est recevoir les mêmes trois reproches. J'en profite pour y répondre :

1« Vous envoyez les gens dans des endroits dangereux. »

Peu fréquenté et dangereux ne sont pas synonymes. C'est même le cœur du malentendu : on confond l'absence de touristes avec un risque, alors qu'elle traduit le plus souvent une absence de vols directs, de chaînes hôtelières et de budget de promotion.

Prenez São Tomé-et-Príncipe, l'Ouzbékistan, la Tasmanie, la Bulgarie. Aucun de ces pays n'est risqué. Statistiquement, vous avez davantage de chances de vous faire dérober votre téléphone dans le métro parisien que dans la plupart d'entre eux.

Cela ne veut pas dire qu'il faut partir n'importe où : les zones de conflit se contournent, et les recommandations officielles se lisent. Mais elles se lisent avec discernement : un pays entier classé en rouge à cause d'un incident isolé dans une région reculée reste parfaitement sûr partout ailleurs, ce que les voyageurs d'autres nationalités comprennent souvent avant nous.

2« En parlant de ces endroits, vous les abîmez. »

C'est l'objection la plus intéressante, et je la comprends. Elle repose pourtant sur une erreur d'échelle.

Le tourisme de masse, ce sont des milliers de personnes par jour au même endroit. Ce n'est pas quelques dizaines de voyageurs répartis sur une année, chez des hôtes et des guides pour qui ces visiteurs représentent un revenu attendu. Une île qui reçoit trois mille visiteurs par an ne souffre pas d'excès de fréquentation ; elle souffre d'en manquer.

Il y a une part de vrai malgré tout : un lieu peut basculer très vite. C'est pourquoi le contre-tourisme n'est pas la publication de listes de coins secrets, mais l'apprentissage d'une méthode. Je ne donne pas des adresses : je donne du contexte, des repères et une manière de choisir que vous appliquerez ensuite là où vous voulez. Mon métier, c'est de l'apprentissage et de la transmission.

La pression touristique n'est pas là où je vais. Elle est à Venise, à Santorin, à Bali, parce que tout le monde va aux mêmes endroits.
3« C'est un luxe de privilégié. »

À l'inverse, en réalité. Les destinations saturées comptent aujourd'hui parmi les plus chères du monde, précisément à cause de la demande. Aller ailleurs coûte le plus souvent moins cher, à confort égal : l'hébergement, la nourriture et les transports y sont à des prix locaux, pas à des prix de marché touristique.

Ce que le contre-tourisme demande, ce n'est pas de l'argent. C'est un peu de temps de préparation, et l'acceptation d'un léger inconfort d'inconnu au moment de réserver. C'est exactement ce travail que je fais pour ceux qui n'ont ni l'envie ni le temps de le faire eux-mêmes.

EN IMAGES · LIEU
geamana et son clocher englouti 01
Geamana et son clocher englouti en Roumanie.
la muraille de finestras en espagne 02
La muraille de Finestras en Espagne (et son chateau).
old man of storr sur skye 03
Old man of storr sur l'ile de Skye.

Par où commencer :

La bonne nouvelle, c'est qu'on n'a pas besoin de tout changer. Le contre-tourisme se pratique par degrés, et le premier pas se joue avant même de réserver : pour chaque destination très fréquentée, il existe une voisine qui offre la même chose sans la foule.

Plutôt que…Essayez…Pourquoi
BaliLe Sri LankaMême végétation, même océan, une culture bouddhiste intacte et des prix qui n'ont pas triplé.
SantorinLa Bulgarie côtièreLa mer Noire, des villages ottomans, et personne pour vous faire la queue devant un coucher de soleil.
La ThaïlandeLe CambodgeUne Asie du Sud-Est encore lisible, où l'on vous parle sans vous vendre quelque chose.
Les capitales européennesTbilissiLe meilleur rapport dépaysement / distance du continent, et une gastronomie sous-estimée.
Les Cyclades l'étéLes Pouilles hors saisonLe même sud, la même lumière, décalés de six semaines : tout change.

Et si votre destination est imposée — mariage, famille, obligation professionnelle —, le contre-tourisme s'applique quand même, à l'intérieur du lieu : dormir hors du centre, visiter avant 11 h, manger là où l'on ne traduit pas la carte.

Les quatre réflexes de départ :

  • Décalez la destination.

    Cherchez le pays voisin de celui que tout le monde cite. Il offre presque toujours la même chose.

  • Décalez l'heure.

    Les foules obéissent à la dictature de l'estomac. Visitez avant 11 h ou en fin de journée : le même lieu, sans les gens.

  • Décalez la saison.

    Six semaines de décalage suffisent à diviser la fréquentation et les tarifs, souvent sans perdre le climat.

  • Restez plus longtemps, au même endroit.

    Le meilleur antidote au tourisme de masse n'est pas la distance : c'est la lenteur.

La suite pratiqueLes 10 règles du contre-tourisme

Où je vais, moi :

Un exemple concret plutôt qu'une théorie : São Tomé-et-Príncipe, deux îles volcaniques du golfe de Guinée, à moins de sept heures de vol de l'Europe. Ancien premier producteur mondial de cacao, aujourd'hui presque absent des catalogues. Vous ne croiserez pas de foule ; vous croiserez des plantations mangées par la forêt et des gens qui vous demandent ce que vous faites là.

São Tomé-et-Príncipe, golfe de Guinée
Deux îles, environ 220 000 habitants, une saison sèche de juin à septembre et de décembre à février. Ouvrir dans Google Maps →

São Tomé n'est pas un cas isolé. La même logique donne la Bulgarie plutôt que la Croatie, la Géorgie plutôt que l'Italie du Nord, le Sri Lanka plutôt que Bali, la Tasmanie plutôt que la Nouvelle-Zélande, ou l'Ouzbékistan plutôt que le Maroc pour l'architecture et le désert. Chacune de ces pages raconte ce que j'y ai vu, y compris ce qui m'a déçu.

FAQ — le contre-tourisme :

C'est quoi le contre-tourisme ?
Une manière de voyager qui consiste à choisir délibérément ce que le tourisme de masse délaisse : d'autres pays, d'autres saisons, d'autres quartiers, d'autres horaires. L'objectif n'est pas de fuir les gens, mais d'éviter la concentration qui abîme les lieux et dégrade l'expérience.
Quelle différence avec le tourisme durable ?
Le tourisme durable s'intéresse surtout à la manière de voyager (empreinte, hébergements, transports). Le contre-tourisme s'intéresse d'abord au choix de la destination et du moment. Les deux se complètent : décaler sa destination reste le geste le plus efficace, avant même de changer d'hôtel.
Le contre-tourisme, c'est dangereux ?
Non. Peu fréquenté ne veut pas dire risqué : la plupart des destinations délaissées le sont par manque de vols directs et de promotion, pas par insécurité. Les zones de conflit se contournent, et les recommandations officielles se lisent avec discernement.
Est-ce que ça coûte plus cher ?
Généralement moins. Les destinations saturées comptent parmi les plus chères du monde à cause de la demande. Ailleurs, on paie des prix locaux : hébergement, nourriture et transports y sont nettement plus abordables à confort égal.
En parlant de ces endroits, ne contribuez-vous pas à les gâcher ?
Le tourisme de masse, ce sont des milliers de personnes par jour au même endroit : sans commune mesure avec quelques dizaines de voyageurs répartis sur une année, chez des hôtes pour qui ils représentent un revenu attendu. Je ne publie pas de listes de lieux secrets : je transmets une méthode de choix.
Peut-on faire du contre-tourisme en famille ?
Oui. Ce n'est ni de l'aventure extrême ni une question de confort : on peut le pratiquer avec des enfants, une valise à roulettes et de très bons hôtels. Seule la logique de choix change.
Par quelle destination commencer ?
Par la voisine de celle que vous aviez en tête : le Sri Lanka plutôt que Bali, le Cambodge plutôt que la Thaïlande, la Bulgarie plutôt que la Croatie, les Pouilles hors saison plutôt que les Cyclades en août.
Faut-il renoncer à l'avion ?
Non, et prétendre le contraire serait malhonnête pour la plupart des destinations lointaines. La responsabilité se joue surtout sur place : moins de trajets motorisés, transports doux, consommation locale, refus des équipements absurdes comme les piscines chauffées en plein désert.

Envie d'un voyage là où les autres ne vont pas ?

Choisir la destination, décaler la saison, trouver les bons interlocuteurs sur place : c'est exactement le travail que je fais pour vous, via mon agence de voyage immatriculée.

Organiser mon voyage avec Odyssélux

En conclusion :

Le contre-tourisme n'est pas une posture contre les voyageurs. C'est une position contre la concentration — celle qui use les lieux, chasse les habitants, fait grimper les prix et finit par transformer un voyage en file d'attente. Il reste cent quatre-vingt-cinq pays derrière les dix que tout le monde cite. La seule chose à faire, c'est de regarder ailleurs.

Si vous voulez qu'on prépare ça ensemble, écrivez-moi via Odyssélux. Et pour la méthode complète, tout est dans les 10 règles du contre-tourisme.

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