La route du cacao en bref
Pourquoi : São Tomé fut « l’île du chocolat », premier producteur mondial de cacao au début du XXᵉ siècle.
Quoi : visiter les roças, comprendre le cacao, et déguster un chocolat parmi les meilleurs du monde.
L’incontournable : la dégustation chez Claudio Corallo, à São Tomé ville.
L’esprit : une plongée dans l’histoire, la nature et le goût, loin des foules.
Cet article complète mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe et mon article sur la cuisine santoméenne. Retrouvez tout sur la page Afrique.
Il y a un siècle, São Tomé était le plus grand producteur de cacao de la planète. « L’île du chocolat », disait-on. Puis l’histoire a tourné, les plantations se sont endormies — et le cacao santoméen renaît aujourd’hui, plus rare et plus fin que jamais.
Suivre la route du cacao, c’est traverser toute l’âme de l’île : ses roças majestueuses et mélancoliques, sa forêt généreuse, et un chocolat que les plus grands chefs s’arrachent. Une étape immanquable de mon itinéraire à São Tomé.

Au début du XXᵉ siècle, São Tomé et Príncipe caracolait en tête des producteurs mondiaux de cacao. Toute l’île s’était couverte de roças, ces immenses domaines agricoles articulés autour d’une maison de maître, d’un hôpital, d’une chapelle et de rangées de logements. Une prospérité bâtie, il faut le dire, sur le travail forcé des serviçais venus du continent — une page sombre que l’architecture délabrée raconte encore.
Après l’indépendance de 1975, les grandes plantations ont périclité. Mais depuis quelques années, un cacao d’exception renaît, porté par des coopératives bio (comme la CECAB) et par quelques artisans passionnés. São Tomé ne produit plus en quantité — elle produit en qualité, et c’est tout l’intérêt.
Suivre la route du cacao, c’est d’abord parcourir les roças. Certaines se visitent, d’autres se sont transformées en hôtels de charme (voir ma sélection d’hôtels). Voici celles à ne pas manquer.
Perchée dans les hauteurs humides, elle abrite un petit musée du café et du cacao. On y comprend tout le processus, de la cabosse à la fève, dans un cadre brumeux et romantique.
Au cœur de l’île, au bout d’une piste, une roça isolée où l’on dort et mange chez l’habitant. L’immersion la plus totale dans la vie d’une plantation.
La plus belle de l’île selon moi, transformée par le chef João Carlos Silva. Cacao, art et menu-dégustation mythique — un incontournable, aussi côté gastronomie.
Sur l’île de Príncipe, l’ancienne plantation où l’on prouva Einstein en 1919, aujourd’hui superbe hôtel de la Príncipe Collection. Son cacao était réputé d’exception.


Impossible de parler de cacao à São Tomé sans citer Claudio Corallo. Cet Italien installé sur l’île depuis des décennies a fait renaître un cacao d’exception, cultivé notamment sur sa plantation de Terreiro Velho, à Príncipe, et transformé sur place en tablettes « bean-to-bar » réputées parmi les meilleures du monde.
La dégustation dans sa maison de São Tomé ville est le clou de la route du cacao : on y suit tout le parcours de la fève, on goûte des chocolats à différents pourcentages, du cacao pur au plus subtil, en passant par des liqueurs surprenantes. Une expérience sensorielle autant qu’une leçon d’histoire — à réserver.
Bon à savoir : la dégustation se fait sur rendez-vous, en petit comité. C’est l’une des activités les plus courues de l’île (tout est relatif : São Tomé reste sans tourisme de masse) — pensez à la caler dans votre programme. Je peux vous l’organiser via mon agence Odyssélux.
La route du cacao ne se résume pas à une visite : c’est un fil rouge à tirer sur plusieurs jours, en combinant les roças, la dégustation Corallo et les tables locales. Voici comment je la conseille.
Dans les roças et chez Corallo, suivez chaque étape : récolte, fermentation, séchage au soleil sur les grandes claies de bois, torréfaction. On ne regarde plus jamais un carré de chocolat pareil.
Les tablettes Corallo et les chocolats des coopératives sont les meilleurs souvenirs qui soient : légers, introuvables ailleurs, et qui font vivre l’île. Le cadeau parfait.
Pour vivre le cacao de l’intérieur, passez une nuit dans une roça restaurée. Les meilleures adresses sont dans mon guide des hôtels.
La route du cacao, c’est São Tomé racontée par son histoire la plus intime : celle d’une île qui fut reine du chocolat, puis oubliée, et qui renaît par le goût. Roças mélancoliques, fèves séchant au soleil, tablettes d’exception — une expérience qui mêle mémoire, nature et gourmandise comme nulle part ailleurs.
Envie que je vous organise cette route du cacao et tout votre voyage ? Écrivez-moi via mon agence Odyssélux, et plongez dans mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe.