La Príncipe Collection en bref
Qui : le groupe HBD Príncipe, fondé en 2010 par l’entrepreneur Mark Shuttleworth.
Où : Príncipe, réserve de biosphère UNESCO, dans le golfe de Guinée.
Quoi : Quatre hôtels d’exception — Sundy Praia, Bom Bom – Roça Sundy et Belo Monte.
Pourquoi c’est unique : un luxe qui finance la préservation de l’île et emploie une grande partie de ses habitants.
Cet article complète mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe et ma sélection des meilleurs hôtels de l’archipel. Retrouvez toutes mes aventures sur la page Afrique.
La plupart des groupes hôteliers font semblant d’être impliqués dans leur environnement. Mais il existe des lieux qui en vous accueillant protègent tout un territoire. La Príncipe Collection appartient à cette seconde catégorie, si rare qu’on peut la compter sur les doigts d’une main à l’échelle de la planète.
Sur l’île de Príncipe — 142 km² de forêt primaire perdus dans le golfe de Guinée — quatre hôtels d’exception financent la préservation d’une réserve de biosphère UNESCO et font vivre une grande partie de la population. J’y ai passé une semaine ; Spoiler alert : c’est sur la passerelle de Bom Bom, que j’ai demandé ma femme en mariage. Autant vous prévenir : mon objectivité a ses limites. Mais les faits, eux, parlent d’eux-mêmes.

Derrière la Príncipe Collection, il y a un homme et une conviction. L’homme, c’est Mark Shuttleworth — entrepreneur sud-africain, pionnier de l’informatique (fondateur d’Ubuntu) et premier Africain à être allé dans l’espace. La conviction : la seule manière de préserver durablement un joyau comme Príncipe, c’est d’y développer un tourisme haut de gamme, rare et responsable, dont les revenus financent la protection de l’île plutôt que son épuisement.
En 2010, il fonde le groupe d’écotourisme et d’agroforesterie HBD Príncipe (« Here Be Dragons »), et obtient du gouvernement l’autorisation d’investir dans le nord de l’île, autour de Bom Bom et de Sundy. Deux ans plus tard, en 2012, les efforts conjoints du gouvernement, de la communauté locale et de HBD aboutissent au classement de Príncipe en réserve de biosphère UNESCO : un territoire où les habitants vivent en harmonie avec leur environnement.
« Préserver ce qui rend Príncipe si spéciale — voilà le point de départ de tout. »
L’esprit fondateur de HBD PríncipeAujourd’hui, la Príncipe Collection est guidée par cinq valeurs résumées par l’acronyme STARS : Sustainability (durabilité), Teamwork (travail d’équipe), Authenticity (authenticité), Respect et Safety (sécurité). Et elle est membre de The Long Run, le réseau international des acteurs du tourisme durable qui protègent la nature via les « 4C » : Conservation, Communauté, Culture et Commerce.
Quatre adresses, quatre atmosphères — du grand luxe sous tente au patrimoine colonial restauré. Mais toutes partagent la même signature : un raffinement qui se fond dans la nature et se met au service de l’île.
Une douzaine de villas-tentes design dissimulées dans la forêt tropicale, au bord d’une plage sauvage : Sundy Praia est le fleuron de la collection, et l’hôtel le plus luxueux des deux îles. Ici, le luxe n’écrase rien — il s’efface derrière la canopée et le bruit des vagues. La table, superbe, est nourrie par l’agroforesterie maison. L’une des plus belles adresses d’Afrique, tout simplement. Bémol quand même, vous serez loin de tout et la plage n’est pas la plus belle de l’île. Mais le luxe est là.



Le tout premier hôtel de Shuttleworth sur l’île, et une icône : deux plages parfaites reliées à un îlot par une passerelle de bois posée sur l’océan. On y plonge, on y observe les baleines (juillet-octobre) et les tortues (octobre-février), on y ralentit. Sa plage est, à mes yeux, la plus belle de tout l’archipel — et cette passerelle restera pour toujours mon plus beau souvenir de voyage.


Dormir dans la maison de maître d’une ancienne plantation de cacao, restaurée avec sobriété : c’est l’option la plus « accessible » de la collection, et la plus chargée d’histoire. Car c’est ici, en 1919, qu’Arthur Eddington a photographié une éclipse pour prouver la relativité générale d’Einstein. Le village vit toujours dans la roça — une immersion unique dans l’âme de Príncipe. J’ai eu la chance d’être surclassé dans la suite présidentielle (parce que c’est là que le président dort quand il passe par Principe) qui m’a fait revenir dans le temps (dans une époque coloniale certes…). Par contre, Sundy est fermé pour deux ans de travaux… pour y construire une piscine et mieux utiliser les lieux qui sont immenses ! En attendant, un quatrième hôtel vient d’ouvrir et c’est peut être le meilleur : le Belo Monte et sa vue fantastique sur les meilleures plages de l’île.


C’est ce qui distingue vraiment la Príncipe Collection des autres adresses de luxe de la planète : ici, chaque nuit réservée régénère l’île. Non pas « moins d’impact négatif », mais un impact positif — écologique, social et culturel.
Sur une île de quelques milliers d’habitants, la Príncipe Collection est le premier employeur privé : une grande partie de la population vit, directement ou non, de ces hôtels. HBD a fait le choix radical d’ancrer son luxe dans le territoire, avec une implication écologique et sociale rare dans l’hôtellerie mondiale.
Suppression du plastique à usage unique sur toute l’île, eau filtrée et embouteillée sur place, réduction drastique des déchets.
Fermes bio qui nourrissent les tables des hôtels, reforestation et protection de la forêt primaire, des tortues et des oiseaux endémiques.
Investissements dans les écoles, la formation professionnelle des habitants et l’accès aux soins, via les initiatives communautaires du groupe.
Personnel très majoritairement local, savoir-faire et produits de l’île valorisés plutôt qu’importés du continent.
Le résultat : payer cher, oui — mais chaque euro finance concrètement l’école, la forêt et l’emploi local. C’est, à mes yeux, l’un des exemples les plus aboutis de tourisme régénératif au monde, et une raison suffisante à elle seule de choisir Príncipe.


Des plages de carte postale souvent désertes, du snorkeling depuis la passerelle de Bom Bom, l’observation des baleines à bosse (juillet-octobre) et la ponte des tortues (octobre-février).
Des treks guidés dans la réserve de biosphère, la montée du « pic du perroquet », la Baía das Agulhas et ses pitons de lave surgis de la jungle — un décor à couper le souffle.
La visite de la Roça Sundy, la découverte du cacao de l’île et une cuisine nourrie par l’agroforesterie maison. Pour aller plus loin, voyez ma page dédiée à la cuisine santoméenne.
Idéal pour : un voyage de noces, une demande en mariage (testé et approuvé…), une lune de miel ou simplement une déconnexion totale — le tout à quelques heures de vol de l’Europe et sans décalage horaire.
La meilleure période est la gravana, la saison sèche de juin à septembre, ou la petite saison sèche de décembre à février. On rejoint Príncipe via un vol Europe → São Tomé (Lisbonne, ~6h30 avec TAP), puis 35 minutes de petit avion jusqu’à l’île. Réservez tôt : les hôtels de la collection comptent peu de chambres, et elles partent vite.
Vous préparez le voyage ? Tout est détaillé dans mon itinéraire de 2 semaines et mon guide de l’île de Príncipe.
La Príncipe Collection n’est pas seulement une collection d’hôtels de rêve : c’est la preuve qu’un tourisme d’exception peut sauver une île au lieu de l’abîmer. Sundy Praia, Bom Bom, Roça Sundy — trois manières de vivre Príncipe, mais une seule promesse : celle d’un luxe qui a du sens, où votre séjour protège la forêt, les tortues et les habitants de l’une des dernières îles vraiment préservées d’Afrique.
Envie de vivre Príncipe de l’intérieur ? Je peux vous organiser ce voyage de A à Z — vols, hôtels de la collection, guides, et demande en mariage si affinités. Écrivez-moi via mon agence Odyssélux, et plongez dans mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe ou ma page Afrique.