Príncipe en bref
Où : l’île sœur de São Tomé, dans le golfe de Guinée. 142 km² de forêt primaire, réserve de biosphère UNESCO.
Y aller : Europe, puis Lisbonne, puis São Tomé, puis 35 minutes de petit avion. Et aucun décalage horaire.
Durée idéale : 4 à 7 jours, en complément d’une semaine à São Tomé.
À éviter : mars à mai, le pic des pluies. Visez la gravana, de juin à septembre.
Cette île fait partie de mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe. Retrouvez toutes mes aventures sur la page Afrique.
Après une semaine de road trip à São Tomé, dont l’itinéraire complet est ici, nous avons pris le petit avion pour sa petite sœur, Príncipe. Trente-cinq minutes de vol au-dessus de l’océan, environ 250 € l’aller-retour, sans doute l’un des vols les plus chers du monde rapporté à sa durée. Et on change de monde : plus sauvage, plus vert, plus silencieux. L’île est à la fois plus touristique, avec quatre lodges de luxe contre zéro à São Tomé, et pourtant beaucoup plus calme. Dix fois moins d’habitants, et l’impression d’avoir trouvé un paradis silencieux.
J’y ai passé une semaine dans les adresses de la Príncipe Collection, en mode luxe assumé. Et c’est sur la passerelle en bois de Bom Bom, face à l’océan, que j’ai demandé ma femme en mariage. Elle a dit oui, au passage. Autant vous prévenir : je ne serai jamais totalement objectif sur cette île.
Príncipe est plus humide que São Tomé : sa forêt accroche littéralement les nuages. La fenêtre idéale reste la gravana, de juin à septembre, et la petite saison sèche de décembre à février. J’y étais en avril : de grosses averses chaudes tous les jours, et malgré ça un voyage inoubliable. Mais si vous pouvez choisir, choisissez mieux que moi. Bonus d’octobre à février : les tortues pondent sur les plages.
L’île, inhabitée, est découverte par les navigateurs portugais puis baptisée « île du Prince » en l’honneur du futur roi João II. Elle devient une escale du commerce du golfe de Guinée.
Comme São Tomé, Príncipe se couvre de roças, ces immenses plantations coloniales tournées vers le sucre puis le cacao, bâties sur le travail forcé. Leur architecture délabrée raconte encore cette histoire dure.
L’astronome Arthur Eddington photographie une éclipse totale de soleil depuis la Roça Sundy : la lumière des étoiles est bien déviée par le soleil, exactement comme le prédit la relativité générale. C’est ici, sur cette petite île, qu’Einstein est devenu Einstein.
Le saviez-vous ?Le pays devient indépendant du Portugal. Príncipe obtient en 1995 un statut d’autonomie régionale, avec son propre gouvernement local pour quelques milliers d’habitants.
Toute l’île est classée réserve de biosphère. Le pari : un tourisme rare et haut de gamme qui finance la préservation. C’est le modèle des lodges de la Príncipe Collection, qui emploient une grande partie de l’île.
La plage de carte postale, courbée comme une banane sous les cocotiers, rendue célèbre par une publicité Bacardi. On y est souvent rigoureusement seul. Sans doute l’une des plus belles plages du monde, et je pèse mes mots.
Coup de cœurLa « baie des Aiguilles » : des pitons de lave qui jaillissent de la jungle comme des cathédrales. Le panorama le plus spectaculaire du pays, à voir depuis le belvédère ou, mieux, en bateau depuis la mer.
L’ancienne plantation où Eddington a vérifié Einstein en 1919. On visite les bâtiments coloniaux, la production de cacao et le village qui vit toujours dans la roça. Chargé, émouvant, indispensable. Attention : elle est en travaux pour deux ans.
Une capitale régionale grande comme un village : églises colorées, marché minuscule, vie douce. Une heure suffit, mais quelle heure. On a l’impression de remonter le temps.
Le « pic du perroquet », 680 m, domine Santo António. Une montée raide dans la forêt primaire, avec guide, récompensée par une vue sur toute l’île. Comptez une demi-journée et beaucoup de sueur équatoriale.
Snorkeling depuis la passerelle de Bom Bom, sorties baleines de juillet à octobre, et tortues qui pondent sur les plages d’octobre à février. L’océan ici est aussi vivant que la jungle.


Des bungalows entre deux plages parfaites, reliés à un îlot par une passerelle en bois au-dessus de l’océan. C’est sur cette passerelle que j’ai fait ma demande en mariage. Objectivité zéro, souvenirs infinis.
Coup de cœur absoluDes villas-tentes design posées dans la jungle, au bord d’une plage sauvage. Le plus haut de gamme de l’île, et l’une des plus belles adresses d’Afrique. La table est superbe. Pour être honnête, c’est quand même cher pour ce que c’est, et assez loin de tout.
Dormir dans la maison de maître de la plantation d’Einstein, restaurée avec sobriété. L’option la plus accessible de la collection, et la plus chargée d’histoire. Attention : en travaux pour deux ans.
Meilleur rapport charme/prixOui, on peut faire Príncipe en mode routard : quelques pensions simples en ville, des repas locaux, et les mêmes plages que les clients des lodges. Il faudra juste négocier les transferts, en taxi-moto ou en 4×4.
À savoir : les quatre lodges appartiennent à la même maison, HBD, pour « Here Be Dragons », fondée par Mark Shuttleworth. Elle est très impliquée dans la préservation de l’île et en est le premier employeur privé. Tarifs indicatifs, à vérifier selon la saison, et de plus en plus élevés. Gros avantage : vous pouvez tester leurs quatre adresses en restant 7 à 10 jours sur l’île. Voir aussi ma sélection des meilleurs hôtels de l’archipel.


Via Lisbonne avec TAP, environ 6 h 30 de vol. Je suis parti de Barcelone avec une simple escale, et surtout presque zéro décalage horaire.
35 minutes en petit avion à hélices, avec STP Airways ou en vol affrété, plusieurs rotations par semaine. Réservez tôt, les places sont comptées. Et le vol est spectaculaire : vous êtes presque assis sur les genoux du pilote.
Le grand écart : guesthouse, repas locaux et taxi-moto en mode routard, ou pension complète dans les lodges HBD. La monnaie est le dobra, arrimé à l’euro, et l’euro est accepté presque partout. Prévoyez des espèces, et retenez que Mastercard n’est pas acceptée.
Príncipe est l’île la plus spectaculaire que j’aie vue en Afrique, et l’une des plus préservées du monde. Un caillou de jungle et de lave où le tourisme se compte en dizaines de visiteurs, pas en millions. On y va pour les plages parfaites, on en revient marqué par la forêt, les roças et la douceur santoméenne, le fameux leve leve.
Si vous avez des questions, ou envie que je vous organise ce voyage de A à Z, vols, lodges, guides et demande en mariage si affinités, écrivez-moi via mon agence Odyssélux. Et allez lire mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe.