L’Ilhéu das Rolas en bref
Où : une petite île à l’extrême sud de São Tomé, traversée par l’équateur. Latitude 0°, autrement dit le centre du monde.
Quoi : le monument de l’équateur, des plages de rêve comme Battery Beach (l’une des raisons de ma venue à São Tomé), et un village de pêcheurs au bout de tout.
Y aller : en bateau depuis le port de Porto Alegre, à la pointe sud de l’île.
Idéal pour : une journée hors du temps, à condition de dormir déjà dans le sud.
Cette étape fait partie de mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe. Retrouvez toutes mes aventures sur la page Afrique.
Ce n’était pas la raison numéro un de ma venue à São Tomé, mais pas loin. La plage de Battery Beach, l’une des plus belles du monde, a eu droit à des vidéos de drone qui ont cassé Instagram. C’est tellement impressionnant que j’ai appris plus tard que l’île est posée pile sur l’équateur, à la latitude 0°. L’Ilhéu das Rolas, ce confetti de terre, s’appelle joliment « le centre du monde », et c’est l’une des étapes les plus magiques du voyage.
Plages désertes, monument de l’équateur, eaux transparentes : ce bout de terre minuscule concentre tout ce qu’on aime à São Tomé. Sauf qu’on est tellement enfoncé dans le sud que la civilisation paraît très loin. Le village essaie d’attirer le tourisme et ce n’est pas facile. Voici comment vivre le centre du monde, et surtout comment y aller, car la traversée se mérite un peu. Retrouvez le reste dans mon itinéraire complet.
L’Ilhéu das Rolas est traversé par la ligne de l’équateur : la latitude 0°, ce trait imaginaire qui coupe la Terre en deux hémisphères. C’est ce qui lui vaut ce surnom de « centre du monde ». Un monument de l’équateur, le Marco do Equador, érigé par les Portugais, marque le point exact : une petite borne peinte, avec la mappemonde et la ligne, qu’on atteint par un joli sentier depuis la plage. Non seulement le site est beau, mais pour les photographes, la vue sur São Tomé en face et sur le Pico Cão Grande, qui paraît minuscule d’ici, est fantastique.
Le rituel est immanquable : se faire prendre en photo un pied de chaque côté de la ligne, un dans l’hémisphère nord, un dans l’hémisphère sud. C’est kitsch, mais ça se fait, non ? Je ne l’ai pas fait : il faisait 40 degrés et le kilomètre de marche m’avait achevé.


Une petite randonnée à travers l’île mène au Marco do Equador. Vue sur l’océan, photo obligatoire sur la ligne, et ce sentiment délicieux d’être au centre du monde. Comptez un kilomètre de marche, sans ombre.
Des criques désertes, une eau limpide et des fonds parmi les plus beaux de São Tomé : masque et tuba indispensables. Battery Beach en tête, j’y reviens plus bas.
Le resort étant fermé, et un autre finira sans doute par rouvrir, il ne reste qu’un petit village de pêcheurs qui vit au rythme de l’océan. Une balade suffit à sentir que ce bout de terre est oublié. Soyons honnête : l’endroit met aussi un peu mal à l’aise. Des hommes qui boivent au soleil, la communication difficile, des regards insistants sur les femmes. Je ne parle pas de danger réel, mais d’une économie entièrement tournée vers un tourisme qui ne vient plus.

La plus belle plage de l’île, Battery Beach (Praia Bateria), est une carte postale : sable clair, cocotiers, eau turquoise et personne à l’horizon. Un décor qui, à lui seul, justifie la traversée. Attention tout de même : la plage est plein vent, donc impossible d’y accoster en bateau sauf exception, et elle est vraiment petite. Ce n’est pas un spot où s’installer pour la journée, c’est un spot de photographes aguerris, et qui n’ont pas peur pour leur matériel, parce que l’accès est rude.


L’Ilhéu das Rolas ne se rejoint qu’en bateau, depuis le petit port de Porto Alegre, à l’extrême sud de São Tomé. Comptez environ 15 minutes de mer, si elle n’est pas trop démontée. Deux façons de faire :
Si vous dormez ou déjeunez à Porto Alegre, des navettes en bateau partent du port à horaires fixes. Le resort Pestana, sur l’île, étant fermé, sa navette n’est plus une option.
À Porto Alegre, on négocie une traversée avec les pêcheurs pour la journée. Plus authentique et plus souple, à convenir de vive voix et en espèces. Entendez-vous sur l’heure du retour avant de partir. Le prix : pas plus de 30 € par personne, à négocier.
Mon conseil : impossible de faire l’île en une journée depuis la ville de São Tomé. La route jusqu’à Porto Alegre traverse tout le sud et prend au moins 5 heures, même avec un chauffeur qui connaît. Dormez au minimum à São João dos Angolares. Je conseille même plusieurs jours dans le sud pour bien sentir qu’on est au bout du monde, dans une autre époque. Profitez-en pour voir les autres pépites du coin : le Pico Cão Grande et la mangrove de Malanza. Je peux organiser toute cette boucle, chauffeur, bateau et timing, via mon agence Odyssélux.

L’Ilhéu das Rolas, c’est encore un autre São Tomé : une île minuscule, des plages désertes, une ligne imaginaire sous les pieds et le sentiment d’être arrivé au bout de quelque chose. Le monde n’a plus de prise ici. Seuls comptent vos quelques euros et le leve leve, cette idée que rien n’arrivera vite. Tavernes ouvertes à même la rue où l’on dépense le pécule gagné dans les plantations, routes défoncées, mer enragée : l’île de Rolas, c’est tout ça en plus concentré. Traversez, posez un pied dans chaque hémisphère, plongez à Battery Beach, et savourez d’être au centre du monde, ou plutôt dans un coin très reculé de celui-ci.
Envie que je vous organise cette étape et tout votre voyage à São Tomé ? Écrivez-moi via mon agence Odyssélux, et plongez dans mon guide complet de São Tomé-et-Príncipe.